Gabon : La FIFA ouvre une enquête pour agressions sexuelles sur mineurs contre quatre officiels

FOOTBALL Trois entraîneurs et un haut responsable du football gabonais sont soupçonnés d’agressions et de chantage sexuels sur des joueurs mineurs, la FIFA ouvre une enquête

A.L.G. avec AFP
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Le siège de la FIFA, à Genève.
Le siège de la FIFA, à Genève. — FABRICE COFFRINI / AFP

La FIFA a ouvert une enquête disciplinaire, mardi, contre trois entraîneurs et un haut responsable du football gabonais, soupçonnés depuis fin 2021 de multiples agressions sexuelles de joueurs mineurs. L’instance mondiale du foot a d’abord entamé en décembre dernier des investigations préliminaires contre Patrick Assoumou Eyi, entraîneur de l’équipe nationale des moins de 17 ans jusqu’en 2017, également au cœur d’une enquête pénale dans son pays.

Sa chambre disciplinaire a étendu au monde entier la suspension provisoire infligée le 17 décembre par la Fédération gabonaise de football à Eyi, surnommé « Capello », et accusé d’avoir abusé de plusieurs centaines de jeunes garçons. La FIFA a ensuite ouvert des procédures distinctes contre deux autres entraîneurs gabonais, Triphel Mabicka et Orphée Mickala, ainsi que le président de la Ligue de football de l’Estuaire, la province de la capitale Libreville, Serge Ahmed Mombo.

Faveurs sexuelles contre avancée de carrière, le chantage sordide de « Capello »

Ces trois hommes sont bannis pour 90 jours de toute activité dans le football (administrative ou sportive), « au niveau national comme international », précise l’instance. L’affaire avait été révélée en décembre par le quotidien britannique The Guardian, qui citait des témoignages anonymes de victimes déclarées, selon lesquelles « Capello » décidait de maintenir ou non dans la sélection des moins de 17 ans des jeunes joueurs selon qu’ils cédaient ou pas à ses avances.

Selon les mêmes témoignages, M. Eyi « fournissait » également des jeunes à d’autres « figures » du football national. « Si ces allégations sont avérées, c’est une preuve supplémentaire que le football est constamment utilisé, à travers les ligues et les continents, comme un forum permettant aux agresseurs sexuels d’avoir accès aux joueurs et de s’attaquer à eux », a commenté la Fédération internationale des footballeurs professionnels (FIFPRO).