France-Islande: «Je sens que le public retient son souffle», Benjamin Pavard revient sur sa (presque) «frappe de bâtard»

FOOTBALL Contre l’Islande lundi soir, Benjamin Pavard a failli réécrire l’histoire

Aymeric Le Gall

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Second poteau Pavaaaaa... Ah, non, pas cette fois.
Second poteau Pavaaaaa... Ah, non, pas cette fois. — Martin BUREAU / AFP
  • Auteur d’un but incroyable avec l’équipe de France au Mondial contre l’Argentine, Benjamin Pavard est entré dans l’histoire des Bleus depuis ce jour.
  • Lundi soir, face à l’Islande, le jeune latéral de Stuttgart a bien failli marquer un but similaire. Il nous raconte ce (presque) moment de grâce.

De notre envoyé spécial au Stade de France,

A part les quelques milliers de petits veinards présents à Kazan en ce beau samedi de juin 2018, nous sommes très nombreux, trop nombreux, à devoir se faire à l’idée qu’on n’y était pas, qu’on n’a pas vécu ce moment de grâce quand l’extérieur du pied d’un quasi inconnu a donné rendez-vous à l’histoire autant qu’à la lucarne opposée du gardien argentin. Vous l’avez reconnue, on parle évidemment du coup de canon plus connu aujourd’hui sous le nom de « second poteau Pavaaaaaaaaaaaaaard ! », en huitièmes de finale du Mondial contre l’Albiceleste.

Pourtant, lundi soir au Stade de France, les 65.000 spectateurs ayant fait le déplacement pour le match contre l’Islande ont failli avoir droit à une séance de rattrapage. Deux même, puisqu’après avoir expédié une première demi-volée juste au-dessus de la barre d’Halldorsson (40e), Benjamin Pavard a déboulé une seconde fois au deuxième poteau pour essayer de faire bégayer l’histoire.

Le temps s’est figé

Manque de pot là aussi, le tir de l’aigle du latéral français n’a pas trouvé le cadre. Mais ça n’a pas empêché tout un stade de retenir son souffle avant chacun de ses deux impacts. Pour tout dire, il y avait presque un côté magique, électrisant, à voir le temps s’arrêter et ces milliers de visages en tribunes ne faire qu’un au moment ou s’élançait le défenseur du VfB Stuttgart. Et même s’il nous est arrivé de vouloir dépecer ceux qui nous ont pourri le reste de notre été 2018 à force de chanter Benjamin Pavard, je n’crois pas qu’vous connaissez, il sort de nulle part, une frappe de bâtard, on a Benjamin Pavard ♫, lundi soir on était à deux doigts de faire chœur avec les supporters tricolores qui ont remis le tube au goût du jour.

Croisé après la rencontre dans les travées du Stade de France, le champion du monde avait le sourire de celui qui a bien failli nous refaire le coup. « Elles auraient été belles si elles avaient fini dedans. Ça a failli, elles étaient bien parties mais bon… Dommage pour moi et pour le public », a-t-il déclaré. Pour Pavard comme pour nous, cette étrange sensation de déjà-vu : « C’est vrai qu’à chaque fois que le ballon revient au second poteau, je sens que le public s’arrête pratiquement de respirer, qu’il retient son souffle, se marre l’un des héros de France-Argentine. Et moi aussi, quand je me retrouve dans cette situation-là, je repense à cette frappe [en Coupe du monde]. J’espère qu’il y en aura d’autres et que je pourrai en mettre une au fond. »

En bleu, tout roule pour Pavard

Tant qu’on y est, profitons de cette ode aux souvenirs pour nous attarder un peu plus sur la performance du latéral droit de l’équipe de France, très bon lundi soir contre l’Islande. Car depuis le titre de champion du monde en Russie et son retour à un relatif anonymat avec son club de Stuttgart, on s’est pas mal interrogé sur le niveau de Benjamin Pavard et sur la pertinence de faire de lui un titulaire indiscutable à un poste de latéral qui n’est pas le sien en club. Mais lundi soir, pas grand-chose à redire sur sa prestation. Et s’il est vrai qu’il n’a pas non plus eu beaucoup de souci à se faire derrière avec des Islandais bloqués en mode défensif, Pavard a montré un très bon visage quand les Bleus attaquaient.

Très à l’aise au moment de combiner avec Kylian Mbappé côté droit, le joueur a enchaîné les sprints pour apporter le surnombre et délivrer quelques centres pas dégueu, comme sur celui à l’origine du second but tricolore signé Giroud. Et si avenir en club (il rejoindra le Bayern Munich l’été prochain) ne s’écrira pas forcément à un poste de latéral, l’ancien Lillois sait que c’est là que Deschamps a besoin de lui. Alors il bosse : « Je travaille beaucoup mes centres. Que ce soit en club ou avec la sélection, dès qu’il me reste un peu de jus je les travaille après les entraînements pour que ça me serve en équipe de France. » Pour demi-volées, pas besoin de rab visiblement.