Toulouse: Pas trop d'argent mais beaucoup d'idées... Les recettes de Portet-sur-Garonne pour survivre en D2 féminine

FOOTBALL FEMININ Promues en D2 cet été, un niveau qu’elles découvrent, les filles de l’AS Portet-Carrefour-Récébédou vont devoir batailler pour se maintenir…

Nicolas Stival

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L'AS Portet-Carrefour-Récébédou a obtenu sa première montée en D2 à l'issue de la saison dernière.
L'AS Portet-Carrefour-Récébédou a obtenu sa première montée en D2 à l'issue de la saison dernière. — Nicolas Portillo
  • Régie commerciale, matchs diffusés sur Dailymotion… Les dirigeants de l’ASPCR multiplient les initiatives pour donner des fonds et de la visibilité à leur club.
  • Battues d’entrée par Nancy (0-4), les Portésiennes effectuent leur premier déplacement ce dimanche chez les Alsaciennes de Vendenheim.

Pour ses 71 ans, l’AS Portet-Carrefour-Récébédou (ASPCR) s’est offert deux beaux cadeaux. Ses équipes fanion sont montées, les garçons en R1 (ex-Division d’honneur) et les filles en D2. « C’est une année historique », confirme Nicolas Bayod, président du club installé à Portet-sur-Garonne, petite ville d’environ 10.000 habitants dans la banlieue sud de Toulouse.

L’exploit est d’autant plus notable chez les féminines que la section n’est réapparue qu’en 2012, après une dizaine d’années d’éclipse. A l’origine de cette résurrection, Emma Davezac, qui entraîne toujours « un effectif de 25 filles, dont deux gardiennes », « très, très jeune avec 22 ou 23 ans de moyenne d’âge » et « remanié à 40 % cet été » indique la technicienne.

Ensemble, elles visent un exploit : éviter les trois dernières places d’une poule de 13 équipes, et, si possible, la dixième, synonyme de barrage de maintien. Pas gagné d’avance quand on se prépare à affronter l’Olympique de Marseille, l’AS Saint-Etienne, Grenoble ou encore les voisines du TFC. Après un premier revers à domicile contre Nancy (0-4), les Portésiennes se déplacent ce dimanche à Vendenheim, dans la banlieue de Strasbourg.

L’aller en train, le retour en avion

Au programme : voyage en train à l’aller, nuit à l’hôtel puis retour en avion après le match. Plutôt pas mal… Avec un budget de 230.000 euros pour l’ensemble du club, le jeune président Nicolas Bayod (36 ans) et l’ensemble des dirigeants doivent faire preuve d’ingéniosité pour joindre les deux bouts, et attirer des joueuses.

Bien sûr, l’hypermarché local qui accole son nom à celui de la ville et de l'emblématique quartier du Récébédou joue son rôle, mais « c’est parfois difficile avec les collectivités et les partenaires privés », reconnaît l'ancien milieu de terrain aux 165 matchs de Ligue 2, à Châteauroux, Nîmes et Clermont.

Une régie commerciale doit aider son club dans sa quête, ainsi que dans l’organisation d’événements. « Sur les douze matchs à domicile cette saison, on propose six matchs de gala [Nancy, OM, TFC, Saint-Etienne, Grenoble, Albi] », reprend Nicolas Bayod. Ces affiches sont retransmises en direct sur Dailymotion, grâce à un accord avec la société Easy Live on Web. « Il y a un double intérêt pour la visibilité des partenaires et des joueuses, qui peuvent se faire repérer par des clubs plus ambitieux. »

Car l’argument pour attirer des recrues à Portet-sur-Garonne ne peut être financier. « Nous ne proposons pas de contrats fédéraux, assène Emma Davezan. En D2 féminine, certaines joueuses ont des agents, il y en a deux chez nous. Et il est parfois difficile de leur faire comprendre que nous ne sommes même pas semi-professionnelles. Il faut qu’elles s’adaptent. »

Bientôt une prime pour les matchs nuls ?

La prime de victoire est fixée à 70 euros et le club cherche des partenaires pour l’aider à payer des primes de matchs nuls. Pas de misérabilisme toutefois : les joueuses (et joueurs) de l’ASPCR bénéficient des services d’un préparateur physique, d’un analyste vidéo et profitent d’une salle de musculation.

Surtout, « une personne du club est dédiée à l’accompagnement du projet sportif et professionnel en collaboration avec des partenaires privés et de la mairie », précise Nicolas Bayod. Autrement dit, chaque recrue peut espérer trouver un travail ou un job étudiant. Et s’offrir quelques jolis voyages lointains le dimanche, vers Strasbourg, Metz ou Nancy.