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Trois milieux, beaucoup de liberté.. On tient (presque) la solution miracle

France-Irlande: Trois milieux, de la place pour les latéraux, de la liberté devant... DD tient la solution miracle (enfin presque)

FOOTBALLLes Bleus ont innové contre l'Irlande, et le résultat a été séduisant...
Au Stade de France, Nicolas Camus

Au Stade de France, Nicolas Camus

On ne veut pas jouer les tacticologues, parce qu’on écrit ce papier à une heure de la nuit beaucoup trop avancée pour ça et puis qu’en plus ce mot n’existe pas, alors on va essayer de faire simple. Plutôt porté sur le 4-4-2 depuis l’Euro, Didier Deschamps a ressorti ces derniers mois son 4-3-3. C’était le cas en Bulgarie et en Allemagne notamment, et encore pour ce France-Irlande (2-0). Sauf qu’il y a ajouté une variante, avec les deux attaquants en soutien de Giroud très axiaux et libres de leurs mouvements, et non pas excentrés. Cela s’est même souvent transformé en losange, avec Fekir en numéro 10 et Mbappé en deuxième attaquant.

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Le résultat a été séduisant. Mbappé, dans un rôle très proche de celui occupé à Monaco la saison dernière, a été rayonnant. Fekir, lui, a beaucoup fait jouer les autres et même marqué. « Il y a eu de la complémentarité de déplacements, apprécie Deschamps. Ils n’avaient pas de position fixe, ils ont très bien permuté, échangé, c’était très intéressant sur ce plan-là. »

Pour savoir ce que ça donnait de l’intérieur, on laisse la parole aux acteurs :

Fekir : « Je me suis senti à l’aise. Je suis bien dans ce rôle, c’est à ce poste que je prends le plus de plaisir. Le coach m’a demandé de jouer comme ça, il nous a laissés un peu libres, moi et Kylian, Olivier plus en fixation. On a réussi à combiner. Quand on a des joueurs de qualité avec soi, ça rend les choses plus faciles ».

Mbappé : « Plus de liberté, ça me va. De toute façon, tout me va (sourires). Olivier est important, à chaque fois qu’il joue il marque. Ce n’est pas le plus spectaculaire mais il est très efficace. Il fait le sale boulot, il défend pour l’équipe, et il marque. Moi je joue où il y a de la place ».

Giroud : « C’était un peu nouveau, mais on avait travaillé ça à l’entraînement, et c’est facile d’évoluer avec des joueurs comme ça. Ils sentent le football, à moi d’être disponible en point d’appui, en remises et déviations. On a essayé de combiner entre leurs lignes, avec Kylian et Nabil qui jouaient dans le cœur de jeu, proches de moi. On aurait pu marquer plus de buts, mais en tout cas on a pris beaucoup de plaisir ».

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Autre point positif, les latéraux avaient le champ libre pour monter, et ça tombe bien parce que c’est leur point fort. « C’est sûr que [dans ce système] on cavale beaucoup, mais on est là pour ça, relève Sidibé. Il ne faut pas oublier notre premier rôle qui est de défendre, mais on a des milieux très compétents qui compensent et nous permettent de monter. »

L’assise au milieu a également été conséquente, avec notamment un Tolisso précieux pour casser les lignes et percuter. « C’est ce que j’aime faire, venir prendre le ballon un peu bas, essayer de faire le jeu, tout en me projetant vers l’avant. Je m’en suis bien senti, j’étais en confiance », raconte le milieu du Bayern, qui va bientôt prendre la place de Pogba si ce dernier ne fait pas gaffe. Ou celle de Matuidi. Enfin bref, qui va finir par être titulaire.

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En tout cas, l’ensemble était cohérent. Matuidi résume bien ça : « On a laissé la liberté de monter à nos latéraux, et nous on est restés en sécurité au milieu. C’est intéressant parce qu’on voit en plus que nos attaquants sont proches les uns des autres, ça permet d’avoir de la mobilité, du jeu, avec un bon point d’appui. Il y a du talent et de l’équilibre dans ce schéma. »

Ok, on tiendrait donc la solution miracle pour jouer en équipe, laisser les talents s’exprimer et rester solide ? Ce n’est pas si simple, évidemment. Là comme ça, on voit au moins trois gros bémols.

  • La faible adversité ne permet pas de tirer des conclusions
  • Ce système nécessite des latéraux en forme olympique. Or, on ne sait pas encore à quel point on pourra compter sur Sidibé et surtout Mendy. Leurs remplaçants dans le groupe, Pavard et Hernandez, n’ont pas le même profil. Ce sont des centraux de métier, qui apprennent juste les rudiments de l’apport offensif.
  • Et Grizou, on le met où ? Et oui, le leader d’attaque des Bleus était sur le banc lundi. Et il est sûr qu’on ne va pas s’en passer. Il ne jouera pas en 10 à la place de Fekir, car c’est davantage un buteur qu’un créateur. Va donc pour le poste de deuxième attaquant, mais alors c’est Mbappé qui trinque et ça perd de son charme.


En même temps, DD ne cherchait sûrement pas une solution miracle. Plutôt des alternatives à utiliser pendant la Coupe du monde, selon l’adversaire ou en cours de match. De ce point de vue, c’est encourageant, et c’est déjà pas mal.