VIDEO. Strasbourg: «Très content» à Lorient, Felipe Saad sait que «le cordon n'est pas coupé» entre lui et le Racing
FOOTBALL•Le défenseur brésilien a certes quitté le Racing pour Lorient, mais il reste très attaché au club et à la ville de Strasbourg...Propos recueillis par Alexia Ighirri
L'essentiel
- Felipe Saad a quitté le Racing club de Strasbourg l'an dernier et porte désormais les couleurs du FC Lorient.
- Le défenseur brésilien reste toutefois très attaché à Strasbourg.
Bien qu’heureux de son installation dans l’ouest de la France, après son départ de Strasbourg l'an dernier, Felipe Saad a encore parfois les yeux – et surtout le cœur- tournés vers l’est. Alors qu’il lutte avec son équipe du FC Lorient pour disputer les play-offs de Ligue 2, pendant que le Racing (défait 3-1 à Amiens samedi) cherche ses derniers points pour son maintien en Ligue 1, entretien avec le défenseur brésilien devenu le plus strasbourgeois des Bretons.
Entre un Stade de Reims intouchable et un système de play-offs pour pouvoir disputer les barrages, on se dit que Strasbourg est monté en Ligue 1 au bon moment, non ?
C’est vrai que c’était la bonne saison avant que tout change. C’est un parcours du combattant. Pour l’anecdote, c’est la première fois que je galère autant pour réserver mes billets pour les vacances (Rires). Selon la place qu’on occupe, on a quatre ou cinq dates de fin de saison, et selon si l’on reprend en Ligue 1 ou Ligue 2, on a deux ou trois dates de reprises… C’est vraiment bordélique !
Avant les vacances, dites-nous comment se passe votre première saison à Lorient ?
Je suis très content de mon choix. Pour la convivialité au quotidien avec le groupe et avec le coach Mickaël Landreau. Il aime faire progresser les gens, donner des clés de management et des responsabilités aux joueurs. Avant, par exemple, c’était le staff qui s’occupait des séances vidéo. Aujourd’hui les joueurs participent à leur production. J’ai cette chance de l’avoir presque en tant qu’accompagnateur, professeur. Je suis content aussi de pouvoir jouer dans une telle structure. Quand on est au centre d’entraînement, on n’a presque pas envie de rentrer à la maison !
Et sur la pelouse ?
La première partie de saison a été un peu compliquée. Et puis je suis bien revenu après deux, trois blessures. Un peu comme à Strasbourg l’an dernier. Donc j’espère pouvoir être décisif dans la dernière ligne droite comme j’ai pu l’être à Reims l’an dernier…
Pas mal de supporters parlent, encore aujourd’hui, de ce but marqué à Reims…
Je crois que c’est l’image la plus flagrante de mon passage à Strasbourg. Parce qu’elle dépasse le cadre du foot : ce n’est pas seulement un but, pas seulement un point, c’est un moment d’émotion et de partage qu’on ne peut pas avoir dans tous les clubs. Que quelques supporters, quasiment un an après mon départ, se souviennent de moi, c’est vraiment que mon histoire avec Strasbourg n’est pas finie. Et c’est ce qui me rend heureux.
Vous avez justement parlé parfois d’un retour à Strasbourg : dans le club ou dans un tout autre domaine que le foot ?
Il est trop tôt pour me projeter et penser à ça, parce que j’ai encore un an de contrat à Lorient. Mais malgré ces deux années-là, le cordon n’est pas coupé. Je suis les résultats du Racing, je suis en contact avec plusieurs personnes du club et d’ailleurs. Il reste de l’amour.
« Je vois cette parenthèse comme celle entre deux amoureux contraints de vivre loin de l’autre pendant un certain temps et qui attendent de se retrouver »
Vous êtes à l’aise dans les médias, est-ce qu’une reconversion à la télé vous intéresserait ?
C’est une des idées que j’ai en tête, parmi trois, quatre autres. Est-ce que je pourrais me démarquer ? Apporter quelque chose de différent ? Ce sont des questions pour plus tard. Mais je n’ai pas un seul objectif pour ma reconversion, je préfère ouvrir les possibilités.
Etes-vous surpris par la saison de Strasbourg, en quête de ses derniers points pour se maintenir ?
Je n’ai jamais eu l’impression cette saison que le Racing était en danger. Au niveau du recrutement, de ce que fait Thierry Laurey, j’ai toujours pensé qu’il n’y avait pas de souci à se faire. Et de ce que j’ai vu de ce club quand j’y étais, de ses ambitions, je pense que le président va vouloir franchir un palier rapidement, dès le prochain mercato.
Le Racing a l’une des plus mauvaises défenses du championnat, l’équipe encaisse souvent des buts sur des fautes d’inattention… ça doit vous faire tiquer en tant que défenseur non ?
C’est une des problématiques les plus difficiles lors de la transition entre Ligue 2 et Ligue 1. Les erreurs en Ligue 2 passent de façon plus inaperçue ; en Ligue 1, ça se paye cash. C’est aussi dû au fait que le Racing est une équipe qui recherche le jeu, qui n’est pas résignée à faire un bloc bas à chaque match. Strasbourg joue aussi avec des joueurs qui n’ont jamais connu ce niveau, qui apportent leur folie et qui osent. C’est peut-être pour ça aussi que l’équipe prend plus de buts. Mais tant que ça n’a pas de grosses conséquences au classement…
Question à vous le Brésilien : lorsque vous êtes blessé, vous jouez aussi aux cartes pendant le match de votre équipe ?
Non ! (Rires) Déjà, parce que je ne suis pas sponsorisé par un site de poker en ligne. Ensuite, même si j’aime jouer aux cartes, je suis nul !
Le Brésil sera champion du monde cet été ?
Euh… Je vois le Brésil comme le 4e favori, derrière la France, l’Allemagne et l’Espagne. Est-ce que, inconsciemment, je veux nous enlever de la pression ? Peut-être ! Mais je vois bien la France, parce qu’elle a de l’insouciance par rapport à sa jeunesse. L’avantage du Brésil, par rapport au dernier Mondial, c’est que l’équipe est un peu plus structurée, elle joue davantage ensemble. Et on ne joue pas à la maison !


















