Sursaut d'orgueil, rien à perdre, foutu pour foutu... Comment Rennes peut-il oublier les deux roustes contre le PSG?

FOOTBALL Le Stade Rennais accueille le PSG pour la troisième fois en moins de deux mois...

Aymeric Le Gall

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Neymar lors de Rennes-PSG, le 7 janvier 2018.
Neymar lors de Rennes-PSG, le 7 janvier 2018. — JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
  • Après avoir déjà rencontré le PSG en championnat et en Coupe de France, le Stade Rennais accueille le PSG mardi soir en demi-finale de Coupe de la Ligue. 
  • Jusqu'ici, les Bretons ont été balayés par deux fois (4-1, 6-1). 
  • Le coach Sabri Lamouchi va devoir user de ses talents d'orateur pour remotiver ses troupes. 

Alors les gars, jamais deux sans trois ? Si les supporters du Stade Rennais connaissaient l’auteur de cette fameuse expression, ils lui donneraient probablement rendez-vous dans le parking souterrain d’un supermarché à trois heures du matin pour lui apprendre la vie.

Parce qu’à l’heure de recevoir pour la troisième fois en moins de deux mois le Paris Saint-Germain, en demi-finale de Coupe de la Ligue ce coup-ci, les fans des Rouge et Noir vendraient père et mère pour ne pas connaître une nouvelle humiliation. En championnat, le PSG avait commencé gentiment par une victoire (4-1), avant d’en rajouter six, trois semaines plus tard en Coupe de France (6-1).

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Avant la « peignée » de janvier, Sabri Lamouchi, le coach breton, avait vu dans la première déroute de décembre au moins un point positif : « L’avantage, c’est qu’on a rencontré les Parisiens en décembre et on sait maintenant quelles erreurs ne pas faire. » Ce coup-ci, l’entraîneur breton n’a pas usé du même ressort pour évoquer la venue des Parisiens. De peur d’en prendre huit ?

Car les Rennais ont beau être philosophes, encaisser dix buts en deux matches à domicile contre la même équipe, ça picote le fondement. Et si Lamouchi expliquait être « un peu honteux et frustré » après le 6-1, il n’était pas le seul à avoir la joue rouge. « Les deux claques sont très récentes et la deuxième a laissé des traces. Prendre 6-1 à la maison tout en se disant que ça aurait pu être pire, ça fait très mal à l’ego, PSG ou pas PSG », admet Clément, un supporter rennais de 26 ans.

Les conseils du père Denis

Pour savoir comment faire pour ne pas tout de suite se mettre en position fœtale et attendre que les rafales passent, on a demandé les conseils de Denis Troch, l’ancien entraîneur reconverti aujourd’hui dans le coaching mental. « Il faut partir du principe que c’est un privilège et une chance d’avoir la possibilité de jouer une demi-finale de Coupe de la Ligue. De toute façon, pour aller au bout, il faut à un moment donné battre les grosses équipes. Il est nécessaire de se projeter sur des choses faisables, envisageables et positives », explique-t-il.

Surtout, ce qu’il faut, c’est de ne pas ressasser le passé récent : « Il y a toujours un traumatisme et ça demande un certain temps avant que cela ne s’estompe, mais il faut ranger le passé de côté et faire le deuil de ce qu’il s’est passé lors des deux premiers matches. Il faut essayer de rester sur du positif, en se disant par exemple que d’autres équipes avant eux l’ont fait par le passé. Il faut travailler sur cette faisabilité et repartir sur une autre dynamique. »

Si l’idée de se dire que si d’autres équipes l’ont fait, alors pourquoi pas eux, est certainement judicieuse, on va quand même ajouter un bémol et jouer les casseurs d’ambiance : le PSG reste sur une série de 36 victoires de rang en coupe nationale. La dernière élimination en coupe des Parisiens remonte en effet au 22 janvier 2014, c’était au Parc contre Montpellier.

Rien à perdre

Si Denis Troch n’a pas su nous donner plus de conseils, de son côté, Lamouchi a évoqué deux types de leviers pour remotiver ses troupes blessées.

  • Sur le terrain, de l’envie

« On a envie de les embêter, un peu plus que lors des deux derniers matches. En janvier, on était complètement dépassés et six c’était vraiment le strict minimum. Comment faire pour avoir une petite chance ? En les respectant un peu moins, en étant plus concentré, déterminé. C’est ce qui nous a beaucoup manqué sur les deux matches. On les a peut-être un peu trop regardés jouer. Je pars du principe que si nous les contenons, si nous les faisons douter, si nos supporters commencent à y croire, alors il peut se passer quelque chose. Il faudra plus qu’un match parfait. »

  • Y croire, parce qu’il ne reste que ça à faire

« On doit essayer de toucher nos propres joueurs. Il y a des leviers à actionner. Je dois leur faire croire (sic) que je ne suis pas fou de penser que la chose est possible. Ça reste des humains, comme nous. Demain le stade sera plein et je doute que les supporters aient accepté de venir pour nous voir prendre une autre gifle. Ils attendent de nous une réaction, qu’on puisse les faire espérer, les faire rêver. Il faut faire croire à nos supporters que l’impossible peut être possible. »

Jamais deux sans trois, c'est ça que tu veux nous dire, Angel ?
Jamais deux sans trois, c'est ça que tu veux nous dire, Angel ? - JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

 

Sur un malentendu…

Et puisque tous les conseils sont les bienvenus, Clément aussi y est allé lui aussi de son petit coup de pouce : « Pour se remobiliser après de telles claques, je pense qu’il faut tout simplement se servir de ces fessées. C’est ce que le coach et les joueurs doivent faire. C’est interdit de prendre deux buts dans les vingt premières minutes comme les deux fois précédentes, il faut faire les choses différemment, il faut leur rentrer dedans. »

Et si jamais Lamouchi se trouve finalement à court d’arguments pour convaincre ses joueurs qu’un exploit est possible, il lui restera encore une dernière cartouche, celle du « boh, de toute façon, foutu pour foutu ». « On ne risque pas d’en prendre plus que ce qu’on a pris, on ne risque pas d’être plus humiliés. Est-ce que nous avons quelque chose à perdre ? Je ne pense pas. » Et comme nous dit Marco, un autre supporter rennais, « on ne sait jamais, sur un malentendu… »