Euro 2016: Cristiano Ronaldo «le grand frère» de Raphaël Guerreiro, ce Français qui joue pour le Portugal

FOOTBALL Le latéral gauche, qui joue à Lorient, est l'un des meilleurs Portugais à l'Euro...

Francois Launay
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Raphaël Guerreiro sous les couleurs du Portugal
Raphaël Guerreiro sous les couleurs du Portugal — SIPANY/SIPA

Et dire qu’il aurait pu dégager Patrice Evra du couloir gauche de l’équipe de France. Au lieu de ça, Raphaël Guerreiro a préféré jouer pour le Portugal qui depuis s’en frotte les mains. Excellent lors des deux premiers matchs de l’ Euro, le latéral gauche, blessé à la cuisse, n’a pas joué contre la Hongrie. Résultat :  le Portugal s’est pris trois buts dans la musette (3-3).

Logiquement, le joueur de 22 ans, qui vient de s’engager au Borussia Dortmund après trois ans passés à Lorient, sera rétabli samedi pour défier les Croates en huitièmes de finale. Le bon moyen de continuer à se faire un nom dans un pays qui ignore presque tout de lui.

C’est un mystère pour les Portugais

Dans un pays où l’on naît avec une écharpe de Benfica, du Sporting ou de Porto dans les bras, c’est, comment dire ?, compliqué de s’intéresser à Lorient. C’est pourtant bien dans le Morbihan que Guerreiro a été repéré par la fédération portugaise.

Mais jusqu’à son premier match en amical face à l’Argentine en novembre 2014, personne n’avait entendu parler du natif de Blanc-Mesnil au père portugais et à la mère française. « Les gens ont un peu de mal à le suivre avec sa carrière en Ligue 1. On voit peu d’images deLorient au Portugal. Le public a pour l’instant un peu de mal à accrocher et vu qu’il est réservé, c’est compliqué en termes de notoriété », explique Marco Martins, journaliste à RFI.

Il ne parle pas un mot de portugais

Si Guerreiro reste un mystère au pays, c’est aussi et surtout qu’il ne parle pas un mot de portugais. Vu son faible niveau, il n’a jamais participé à une conférence de presse. Et après les matchs, il s’éclipse discrètement sauf si on lui parle en français.

« Il comprend la langue mais ne la parle que très peu. Il saisit les consignes de son sélectionneur ou de ses coéquipiers sur le terrain mais c’est à peu près tout. C’est très différent d’Anthony Lopes (Lyon), le deuxième gardien, qui parle couramment le portugais », raconte Paulo Cintrao de Radio Noticias. Avec Lopes ou Carvalho, qui joue à Monaco, Guerreiro peut discuter en français. Avec ses autres coéquipiers, c’est un peu plus compliqué…

Ronaldo l’a pris sous son aile

Quand il a débarqué en sélection, Guerreiro a dû halluciner. Pour le chaperonner et le rassurer, c’est l’immense Cristiano Ronaldo qui s’est dévoué. « Il fait toujours ça avec ceux qui découvrent la sélection. Il est très paternel avec les jeunes qui arrivent. Il essaie toujours de les intégrer au groupe pour pas qu’ils se sentent perdus ou délaissés. Il leur demande souvent s’ils vont bien, s’ils arrivent à s’intéger dans le groupe. Il joue vraiment le grand frère », poursuit Marco Martins. Passer de Sylvain Ripoll à Ronaldo, Guerreiro a vraiment changé de monde ces deux dernières années.

Il peut dire merci à Coentrao

Jusqu’au mois d’avril, la question ne se posait même pas. Dans le couloir gauche, la place était réservée à Fabio Coentrao, charge aux autres de se partager les miettes. Sauf que le joueur de Monaco se blesse alors à la cuisse à l’entraînement et doit déclarer forfait pour l’Euro.

En concurrence avec Eliseu (Benfica), Guerreiro gagne sa place en préparation notamment grâce à un amical face à la Norvège où il se permet même de claquer un coup-franc ronaldesque. Depuis, son ascension continue au point d’avoir été élu meilleur joueur du match lors  du nul contre l’Autriche (0-0) à l’Euro. « C’est une belle surprise pour beaucoup de personnes. C’est un très bon joueur. Il est au top en ce moment », reconnaît Paulo Cintrao. Ne lui reste plus qu’à remporter l’Euro et tout le monde oubliera que c’est un Français qui ne pipe pas un mot de portugais qui joue avec le Seleçao