Euro 2016: Les Italiens sont vraiment les génies des fautes tactiques

FOOTBALL En moins d’un quart d’heure, l’équipe italienne a volontairement écopé de trois avertissements en stoppant des contre-attaques belges lundi, lors de la surprenante victoire (2-0) de la bande à Buffon pour ses débuts…

Jérémy Laugier

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Le placage du buteur Emanuele Giaccherini sur Eden Hazard en dit long sur les intentions parfois mises par l'Italie lundi.
Le placage du buteur Emanuele Giaccherini sur Eden Hazard en dit long sur les intentions parfois mises par l'Italie lundi. — EMMANUEL DUNAND / AFP

A Lyon,

Certains journalistes italiens ont presque autant frissonné de plaisir sur ces séquences que sur les buts de Giaccherini et Pellè. Là où tant de formations auraient eu des complexes, les hommes d’Antonio Conte ont délibérément enchaîné les fautes en moins de quinze minutes pour stopper des contre-attaques belges lundi (2-0).

L'incontournable Chiellini (65e) a notamment montré la voie, avant Eder (75e) puis Bonucci (78e), tous trois sanctionnés d’un carton jaune pour avoir respectivement stoppé en pleine course Hazard, Mertens et Origi. « Si on avait donné la balle plus vite, peut-être qu’on aurait pu prendre l’avantage. Là, on va dire qu’ils ont fait des fautes professionnelles (sic) », évoque le défenseur belge Laurent Ciman en cachant à peine sa frustration suite à ce revers initial au Parc OL.

Thiago Motta : « L’Italie est regardée d’une autre manière »

Traditionnellement qualifiées de « tactiques » ou même d'« intelligentes », ces fautes ont été le symbole ultime de la leçon tactique de la Squadra Azzurra. Entré en jeu dans le dernier quart d’heure, Thiago Motta y est (étrangement) allé lui aussi de son avertissement (84e). « On savait très bien que les Belges avaient les joueurs pour réussir des contre-attaques très rapides. On les a donc coupées. Parfois c’est le football, c’est normal », a confié le milieu défensif du PSG.

Il réfute par contre qu’il s’agisse d’une spécialité italienne. « J’ai vu que la Suède avait parfois fait un peu la même chose contre l’Irlande aujourd’hui. C’est juste que l’Italie est regardée d’une autre manière », constate avec le sourire Thiago Motta. Dans notre regard, il faut bien reconnaître qu’il y a surtout une certaine forme d’admiration.