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Ligue des champions féminine: «Chez nous, le Barça, c’est une bonne équipe, mais pas un ogre»
FOOTBALL•Le PSG de Laura Georges défie le club catalan ce mercredi en quart de finale aller…V.B.
Un petit Barça-PSG en quarts de finale de Ligue des champions, personne n’en voulait pour les mecs, on en salive d’avance pour les filles. Les sections féminines des deux clubs s’affrontent en effet mercredi lors du match aller au Mini Estadi de Barcelone, stade de 15.000 places situé juste à côté du Camp Nou, avant le retour le 30 mars au stade Charléty à Paris.
Les Barcelonaises, qui occupent certes la deuxième de leur championnat et restent sur une victoire à Alcaine (0-3), souffrent de la comparaison avec les homologues masculins emmenés par Messi, Suarez et Neymar. « C’est une belle équipe qu’il faudra respecter », prévient toutefois Laura Georges, la défenseure internationale du PSG, également deuxième de D1 et vainqueur de Guingamp samedi (6-0).
Le Barça, c’est la référence dans le monde du foot masculin. Chez les filles, est-ce que le rapport de force est le même ?
Non, ce n’est pas du tout pareil. En revanche, c’est la même école. Les Barcelonaises ont travaillé en s’inspirant de ce que font les garçons, c’est-à-dire la possession de ballon, le travail technique… Mais elles n’ont pas encore la même réputation que leurs homologues masculins.
Vous restez sur une finale perdue contre Francfort en Ligue des champions, alors que le Barça n’a jamais dépassé les quarts. Finalement, les rôles sont inversés. Dans le foot féminin, c’est vous l’épouvantail…
Non, non (rires). Si c’était le cas, ça se saurait, on gagnerait le championnat de France, on gagnerait tout… Et puis on ne veut pas être le Barça du foot féminin. On veut simplement continuer à bien progresser en tant qu’équipe et enfin gagner des titres sur le sol français, mais aussi sur la scène européenne.
aLes Barcelonaises insistent sur votre expérience et vous présentent comme les favorites…
Les gens nous présentent comme les favorites parce qu’on était en finale l’an passé, tandis qu’elles se sont arrêtées en huitièmes. Donc oui, forcément, on est les favorites. Après, ce sont souvent ce que disent les équipes qui veulent s’enlever de la pression. Je peux comprendre qu’elles disent ça. Il faudra donc qu’on assume ce statut mercredi. Sans avoir la grosse tête et en respectant le Barça, parce qu’il faut s’en méfier, c’est une belle équipe.
Quel genre d’équipe ? Vous évoquiez « l’école du Barça », vous avez pu analyser leur jeu ?
Il y a deux ans, on les avait jouées en tournoi amical, c’était lors de la Valais Cup en Suisse. Je me souviens d’une équipe qui misait énormément sur la possession. A ce niveau-là, c’était beau à voir. C’était simple, c’était propre. Mais dernièrement, j’ai regardé une de leurs vidéos et ça balançait pas mal le ballon, donc j’étais quand même un peu étonnée. Il y avait beaucoup de jeu direct.
La défenseure barcelonaise Ane Bergara, qui vous juge plus costaudes, entend justement privilégier le jeu rapide au défi physique…
Elles vont miser sur leurs forces, la technique, la possession, c’est normal. On ne sera pas étonnées. On connaît leurs qualités. Chaque équipe utilisera ses armes.
Les vôtres, quelles sont-elles ?
Ah mais ça, je ne veux pas le dire dans le journal ! (rires). Nos armes, disons, sont hétérogènes. Il y a de la qualité à chaque ligne. On travaille pas mal l’aspect tactique en ce moment à l’entraînement pour pouvoir mettre en difficulté les Barcelonaises.
Comment s’appelle leur Messi ?
Devant, elles ont une internationale espagnole, Jennifer Hermoso, qui joue n°10 ou attaquante. C’est une joueuse clé, qu’il faudra surveiller, moi en particulier, puisque je suis dans la ligne défensive. Après, la comparaison s’arrête là, ce n’est pas du tout leur Messi.
Le Barça, qui est l’actuelle meilleure attaque du championnat espagnol (avec 62 buts marqués), va vouloir mettre le feu à votre défense, qui n’a encaissé qu’un seul but lors des 13 derniers matchs…
C’est toujours intéressant d’affronter de bonnes attaques. Encore une fois, il faudra redoubler de solidité et de concentration, et continuer sur notre lancée de deuxième partie de championnat. C’est-à-dire solides derrière et au milieu, et efficaces devant. Du début à la fin.
aLe Barça veut tenter un coup à domicile pour entretenir l’espoir au retour à Paris. A quel genre de match vous attendez-vous mercredi ?
On sait qu’en général, en Ligue des champions, il y a beaucoup plus de pression sur l’équipe qui reçoit en premier. Ce sera un match délicat pour le Barça, parce qu’il ne faudra pas qu’il prenne de buts. C’est justement ce qu’on va tenter de faire.
Vous connaissez bien la Ligue des champions (cinq finales, dont deux remportées avec l’OL), est-ce l’objectif du PSG ?
Ah oui, forcément. On ne va pas se cacher. A titre personnel, je suis une compétitrice, j’en ai déjà gagné deux avec l’OL, je veux en gagner une avec le Paris Saint-Germain.
Ça paraît compliqué pour les footballeurs et les handballeurs parisiens de rivaliser avec leurs adversaires barcelonais. Est-ce que finalement, le seul espoir pour le PSG de battre le Barça, c’est vous qui l’incarnez ?
Non, je n’ai pas envie qu’on pense comme ça. J’aime jamais trop quand les journalistes commencent à comparer hommes et femmes ou divers sports. Ce sont des équipes différentes. Ce ne sont pas les mêmes niveaux non plus. Ni les mêmes réputations. Chez nous, le Barça, c’est une bonne équipe qu’il faut respecter, mais pas un ogre. Notre but, ce n’est pas le Barça. On ne sauvera pas notre saison en les battant. C’est un adversaire qu’il faut affronter en étant consciencieuses, comme à chaque match de Ligue des champions. On s’attend à un gros quart de finale.


















