Ligue des champions : «Paris est capable de faire souffrir Chelsea au Parc», assure Rémi Garde

FOOTBALL L’ex-entraîneur lyonnais livré les clés tactiques de la double confrontation entre le PSG et les Blues…

Propos recueillis par Julien Laloye
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Rémi Garde, le 23 mars 2014 à Lille.
Rémi Garde, le 23 mars 2014 à Lille. — M.Libert/20 Minutes/SIPA

Il n’y a pas d’avis de technicien beaucoup plus éclairé que le sien. Rémi Garde, qui commentera la rencontre sur Canal + mardi soir, imagine une rencontre plus équilibrée que celle à laquelle on aurait pu s’attendre après le tirage au sort en décembre: «Le PSG est capable d’élever son niveau de jeu comme face à Barcelone», avance l’ancien entraîneur lyonnais.  

Le PSG peut-il aborder ce huitième de finale sans penser à la double confrontation de l’an passée?

Au contraire, ce qui s’est passé l’année dernière doit faire partie de la préparation du match. Quand on analyse à fond les deux confrontations de l’an passé, il y a des enseignements à tirer. Lesquels? Aucun entraîneur ne vous donnera les mêmes. C’est Laurent Blanc le mieux placé pour juger ce qu’il faut changer ou pas. Je n’ai pas de conseils à lui donner, parce que je n’aurais pas aimé qu’on le fasse pour moi (sourire)…

Laurent Blanc n’a-t-il pas une revanche à prendre par rapport au scénario de l’élimination et à par rapport à Mourinho?

Il n’y a pas de honte à apprendre d’un grand entraîneur comme Mourinho, qui a gagné beaucoup de choses dans sa carrière. Mais Laurent Blanc n’a pas de complexes à faire. Personne n’a pu oublier ce qu’il s’est passé l’an passé, les joueurs en premier.  Et les entraîneurs, eux,  ne sont pas sur le terrain...

A quel type d’opposition faut-il s’attendre?

Je ne crois pas qu’il y aura de grosses surprises dans l’animation de l’une ou l’autre équipe. Paris devrait utiliser son milieu à trois Matuidi-Motta-Verrati [s'il est disponible] comme dans tous les grands matchs parce que c’est la base de cette équipe. Chelsea, c’est un 4-2-3-1 avec deux joueurs importants qui n’étaient pas là l’an passé, Matic au milieu de terrain et Diego Costa devant. C’est la grande différence.

Chelsea est-il toujours aussi favori qu’au moment du tirage au sort?

Je pense que Chelsea est moins fluide lors des dernières semaines. Fabregas est moins flamboyant dans la dernière passe, la défense centrale Terry-Cahill a un an de plus…mais c’est une équipe capable de souffrir longtemps. C’est même une des forces de Mourinho: subir, faire croire que ses joueurs sont dans un mauvais jour, et puis marquer contre le cours du jeu et s’en sortir quand même.

Vous les voyez subir au Parc des Princes?

Le quart de finale de l’édition précédente a montré que Chelsea était capable d’apporter plusieurs types de réponse en fonction des circonstances : subir le jeu à l’aller, presser très haut au retour pendant 80 minutes, puis finir par envoyer des longs ballons devant pour arracher la qualification. Je ne suis pas sûr que le PSG ait la même capacité, par exemple, à défendre et à se projeter vite vers l’avant. Il y a un peu Lavezzi, mais ce n’est pas la qualité première d’Ibrahimovic.

Cela veut dire que le PSG ne doit pas être attentiste à l’aller?

Ça, c’est une décision qui sera déterminée par une discussion entre Laurent Blanc et ses joueurs. On sait l’importance, en Coupe d’Europe, de ne pas encaisser le premier but à la maison. Cela peut être une stratégie que de laisser le ballon, mais encore une fois, Paris n’a pas les armes pour subir. Je vois les Blues souffrir au parc mardi.

Vous n’avez donc aucune crainte sur la capacité de Paris à retrouver un niveau Ligue des champions?

Il n’y a que le lendemain du match qu’on ne peut plus avoir de doute. La logique voudrait en effet qu’on ne puisse pas sortir de sa poche un grand match quand on n’a pas été capable de produire des séquences à haute intensité depuis longtemps, mais qui pensait les Parisiens capables d’élever leur niveau face à Barcelone à l’automne? Pourtant, ils l’ont fait. Je les vois capables de le refaire cette fois-ci. Il ne faut pas sous-estimer la fierté et l’amour-propre des joueurs parisiens.

Tout de même, Paris n’a pas donné beaucoup de gage de confiance ces derniers mois non?

Comme tout le monde, je trouve le PSG moins impressionnant que la saison passée, mais les observateurs anglais vous diront la même chose de Chelsea par rapport à City! Je m’attends à une confrontation très serrée, avec un «petit» vainqueur à l’issue des deux matchs. Quand je dis petit vainqueur, je me réfère à l’écart. Il n’y en aura pas beaucoup entre le PSG et Chelsea.