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Un Tour Femmes semé d’embûches pour Ferrand-Prévot dans sa quête de doublé

Tour de France Femmes : Chrono, Ventoux et concurrence de Vollering… Un Tour semé d’embûches pour Ferrand-Prévot

Doublé ?Pauline Ferrand-Prévot remet son titre en jeu sur le Tour de France Femmes à partir de samedi, face à des adversaires qui l’attendent au tournant
Tour de France Femmes : pourquoi cette course a mis si longtemps à exister ?
Quentin Ballue

Quentin Ballue

L'essentiel

  • Le Tour de France Femmes 2026 démarre ce samedi, à Lausanne. Les coureuses passeront deux jours en Suisse puis arriveront en France lundi, par l’Ain et le Jura.
  • Cette cinquième édition s’achèvera à Nice dimanche 9 août. Avec un grand rendez-vous, attendu depuis des mois : l’arrivée au sommet du Ventoux vendredi pour la 7e étape.
  • Les Françaises avaient brillé l’an passé avec deux victoires d’étapes pour Maëva Squiban et autant pour Pauline Ferrand-Prévot. PFP avait survolé le week-end final et remporté le classement général. Peut-elle réaliser le doublé ?

Le Tour de France vous manquait ? Il revient déjà ! Six jours après l’arrivée du peloton masculin sur les Champs-Elysées, le Tour de France Femmes s’élance ce samedi de Lausanne, en Suisse. Un deuxième Grand Départ à l’étranger, après les Pays-Bas en 2024, qui montre que l’épreuve suit les traces de son tout-puissant cousin masculin. 154 coureuses prendront le départ dans les rues de la capitale olympique, avec l’idée d’avaler les 18.795 mètres de dénivelé positif qui les attendent jusqu’à la Promenade des Anglais. Et, pour certaines d’entre elles, de succéder à Pauline Ferrand-Prévot au palmarès.

Le mont Brouilly, le Ventoux et quatre fois le col d’Eze

Après un final pour puncheuses samedi, une étape pour sprinteuses dimanche et une journée pour baroudeuses lundi, les choses sérieuses commenceront mardi avec un contre-la-montre individuel entre Gevrey-Chambertin et Dijon (21 km). « Je pense qu’à l’inverse des hommes, placer un contre-la-montre va nous donner plus de suspense », explique la directrice du Tour, Marion Rousse, à France TV Sport. « Cela va peut-être permettre à des filles comme (Marlen) Reusser de prendre du temps sur des filles comme (Kasia) Niewiadoma, qui n’aiment pas du tout ça et qui vont devoir rattraper du temps assez rapidement. »

Mercredi, le mont Brouilly pourrait offrir les premiers coups de griffe des grimpeuses. Vendredi, le plat de résistance : l’arrivée au mythique Ventoux, par Bédoin, son côté le plus dur. « Pour moi, c’est le col le plus spectaculaire. Rien que pour la poésie qu’il raconte, tu as l’impression d’arriver sur la lune. Sur chaque édition, on a besoin d’aller côtoyer un sommet mythique, parce que ça fait entrer un peu plus le cyclisme féminin dans l’histoire de notre sport », justifie Rousse.

Super Planche des Belles Filles en 2022, Tourmalet en 2023, Alpe d’Huez en 2024, col de la Madeleine en 2025, Ventoux en 2026 : une liste à faire fantasmer n’importe quel amoureux de cyclisme. Pour finir en apothéose et préserver le suspense jusqu’au bout, il faudra monter quatre fois le col d’Eze lors de l’ultime étape, autour de Nice. La dernière ascension offrira une variante avec le chemin du vinaigrier et ses passages à 16 %. Pimenté à souhait.

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Les retrouvailles PFP-Vollering

Pauline Ferrand-Prévot fait évidemment partie des favorites à sa propre succession. La Rémoise se fait discrète : elle n’a toujours pas gagné cette saison et n’a plus couru depuis la Vuelta, début mai… mais sa capacité à briller le jour-J n’est plus à prouver. Le public l’attend de pied ferme : depuis son sacre dans les Alpes, elle n’a couru que deux jours en France, le 30 août 2025 pour la Classic Lorient Agglomeration, et le 12 avril dernier pour Paris-Roubaix.

Si une Française ne gagne pas, c’est peut-être une équipe française qui le fera : PFP part avec une petite longueur de retard sur Demi Vollering, leader incontestée de FDJ United-Suez. Vainqueur en 2023, elle a fini 2e en 2022, 2024 et 2025. Incontournable. La Néerlandaise compte déjà 10 victoires en 2026, dont le Tour des Flandres, Liège-Bastogne-Liège et le Giro. Sans pépin, il faudra se lever tôt pour aller la chercher, d’autant que le chrono « n’est pas pour la désavantager » selon Marion Rousse.

Paula Blasi en épouvantail

Le danger pourrait aussi venir de l’Espagnole Paula Blasi, qui a explosé au printemps : elle a remporté l’Amstel Gold Race, le Tour des Pyrénées, le Tour de Catalogne et surtout la Vuelta, en reprenant plus de 30 secondes à Anna van der Breggen sur les pentes légendaires de l’Angliru. La leader de l’équipe UAE (ça vous dit quelque chose ?) sera au départ pour la première fois, à 23 ans.

Paula Blasi (à gauche) avait pris la 3e place des Mondiaux de Kigali Eleonora Ciabocco en septembre 2025.
Paula Blasi (à gauche) avait pris la 3e place des Mondiaux de Kigali Eleonora Ciabocco en septembre 2025.  - Whitehead/SWpix.com/Shutterstock/SIPA

La Suissesse Marlen Reusser espère mettre son grain de sel dans tout ça : si tout va bien, la championne du monde du chrono sera en jaune à l’issue du chrono mardi. Et après ? Ce n’est pas fou de penser qu’elle pourrait résister en montagne puisqu’elle était deuxième du Giro et de la Vuelta l’an dernier.

Un cran en dessous, on suivra Anna van der Breggen, toujours dans le coup à 36 ans (2e de la Vuelta, 3e du Giro), et Kasia Niewiadoma qui, comme Vollering, est montée sur le podium de toutes les éditions (1ère en 2024, 3e en 2022, 2023 et 2025). Marion Rousse se frotte les mains : « Chez les garçons, à chaque fois que Pogacar est au départ, on a tendance à commenter la deuxième place plus que la première. Ce n’est pas encore le cas dans le cyclisme féminin. » Et tant mieux.