Tour de France 2015: Pourquoi cette Grande Boucle sera la plus dingue des dernières années

CYCLISME La course s'élance samedi des Pays-Bas...

R. B et J. L.

— 

Richie Porte, Chris Froome, Alejandro Valverde, Nairo Quintana et Alberto Contador, le 18 juillet 2013, sur le Tour de France.
Richie Porte, Chris Froome, Alejandro Valverde, Nairo Quintana et Alberto Contador, le 18 juillet 2013, sur le Tour de France. — JOEL SAGET / AFP

Les râleurs diront que c’est pareil chaque année, qu’on s’ennuie devant le Tour de France et qu’il serait dommage de ne pas aller profiter du beau soleil de juillet. Ne les écoutez pas. La cuvée 2015 de la Grande Boucle, dont le départ est donné samedi à Utrecht (Pays-Bas), a tout ce qu’il faut là où il faut pour être exceptionnelle. On vous explique pourquoi.

Parce que le plateau est complètement dingue

Ne vous inquiétez pas, vous allez en entendre parler. « Les Quatre Fantastiques », l’Espagnol Alberto Contador, le Britannique Christopher Froome, le Colombien Nairo Quintana et le vainqueur sortant, l’Italien Vincenzo Nibali, se sont donné rendez-vous pour s’expliquer sur cette Grande Boucle. Le quatuor pèse douze victoires dans les grands Tours au total. De mémoire, on n’a pas vu un plateau aussi relevé depuis les affrontements Armstrong-Ullrich-Beloki au début du siècle.

Parce que les Français ont leurs chances

OK, ça sera très compliqué, pour ne pas dire impossible, de voir deux Français sur le podium du Tour. D’accord, Nacer Bouhanni arrive fortement diminué après sa chute aux championnats de France ce week-end. Mais promis, les Bleus ont de quoi briller. Troisième l’an dernier, Thibaut Pinot a ce qu’il faut pour finir dans les cinq premiers tandis que Bardet, Péraud ou Rolland ont l’espoir de figurer dans le Top 10. On n’oublie évidemment pas Tony Gallopin, Maillot Jaune et vainqueur d’une étape l’an dernier.

Parce que « Village Départ »

L’immarcescible Jean-Paul Ollivier a dû s’exiler sur France Bleu pour nous abreuver de ses leçons d’histoire sur la chapelle de Montauban-sur-l’Ouvèze, mais il reste encore des saintes traditions auxquelles France TV n’a pas osé toucher. Ainsi, le fabuleux « Village Départ » présenté par Laurent Luyat continuera à enchanter nos débuts d’après-midi autour des sucettes de Madeleine et des pantalons en cuir de Jean-Luc Lahaye.

Parce qu’il y a très peu de contre-la-montre

Le Front Populaire venait d’arriver au pouvoir. Depuis 1936, jamais la grande Boucle n’a eu aussi peu de contre-la-montre individuel sur son parcours. Cette année, les adeptes de l’effort en solitaire se contenteront de 14 kilomètres aux Pays-Bas samedi. Il y aura bien un contre-la-montre par équipes en Bretagne une semaine après mais les écarts s’y creusent moins. La cuvée 2015 du Tour met en avant la montagne et c’est forcément plus sympa.

Parce que la bataille pour le Maillot Vert va être passionnante

La bataille entre les quatre fantastiques et nos petits français promet d’être excitante, mais ce ne sera rien à côté de la lutte homérique qui s’annonce pour le maillot vert. Matthews, Sagan, Kristoff, Degenkolb, Bouhanni, Démare, ils peuvent tous prétendre ramener la tunique Skoda à Paris. C’est autre chose que les sprints de chiffonnier entre Eric Zabel et Stuart O’Gready, quand même.

Parce que la première semaine va être très animée

« Les dix premiers jours du Tour c’est chiant comme la mort, je regarde jamais ». On le connaît le discours des papys ronchons qui snobent les étapes de plaine. Cette année, ils ont intérêt à la mettre en sourdine. Rien que sur la première semaine, on aura droit aux bordures du delta de Zélande (aux Pays-Bas, incultes), au redoutable Mur de Huy (celui de la Flèche Wallonne), aux pavés du Nord (Chris Froome n’en dort pas la nuit), à un autre Mûr (celui de Bretagne, attaqué sans élan), puis enfin à un contre-la-montre par équipe. Osez dire qu’on va s’ennuyer. Osez.

Parce qu’il y a des arrivées inédites

Le Tour de France a beau avoir environ mille ans d’âge, l’organisation arrive à se démener chaque année pour nous offrir un final inédit et sexy. Honneur cette année au col de La Pierre Saint-Martin et ses 15 bornes à 7 % dans les Pyrénées, qui a tout pour devenir la nouvelle hype de juillet, comme la Planche des Belles-Filles.

Parce que Lance Armstrong va venir faire un petit coucou

Ça faisait longtemps. Déchu de ses sept victoires dans l’épreuve en 2012, Lance Armstrong revient sur le Tour de France. Enfin, pas tout à fait puisqu’il empruntera les routes des treizième et quatorzième étapes les 17 et 18 juillet, soit la veille du passage des coureurs. L’Américain roulera pour rassembler des fonds contre la leucémie. L’initiative est noble mais risque de faire pas mal causer dans le peloton où son nom rappelle forcément de très mauvais souvenirs.

Parce que les lacets de Montvernier

La trouvaille de derrière les fagots. Pour la première fois de son histoire, le Tour emprunte les lacets de Montvernier dans les Alpes lors de la dix-huitième étape entre Gap et Saint-Jean de Maurienne. « Encore une pauvre ascension », allez-vous me dire. PAS DU TOUT. La route est étroite comme un terrier de lapin et le décor est absolument fabuleux, comme le montre cette vidéo réalisée avec un drone.

Parce qu’il n’y a rien d’autre en juillet

Vous n’êtes toujours pas convaincu ? Soit, c’est votre droit. Mais si vous snobez le Tour, prenez bien conscience des conséquences. En juillet, c’est ça où les matchs amicaux du PSG contre une équipe de D3 autrichienne. Voire pire, la ligue mondiale de volley-ball. DU VOLLEY-BALL. On vous aura prévenus.

Ultimate Volleyball Fail Compilation