«Il peut devenir comme Mohamed Ali», Tony Yoka, l'homme qui veut être la star mondiale de la boxe

MEDIAS Le champion olympique des super-lourds à Rio a signé un contrat de quatre ans avec le groupe Canal +...

Journaliste afp

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Tony Yoka et sa médaille d'or de champion olympique de boxe
Tony Yoka et sa médaille d'or de champion olympique de boxe — Frank Franklin II/AP/SIPA

Un coin de verdure sur la terrasse du septième étage du siège de Vivendi. Si la vue sur l’Arc de Triomphe est exceptionnelle, Tony Yoka rentre très vite après la séance photo, tétanisé par le froid qui frappe Paris ce mercredi matin. Surtout, le boxeur doit continuer son plan de com' avec la presse, rameutée pour assister à l’officialisation de son contrat de quatre ans avec le groupe Canal +. Cinq mois après son sacre olympique à Rio, la carrière professionnelle du boxeur est officiellement née ce 18 janvier avec ce deal qui doit le projeter vers les sommets. Comme il l’ambitionne.

« Il manque une tête d’affiche à la boxe dans ce pays et j’assume ce statut, clame-t-il après être revenu au chaud et avoir englouti un mini-croissant. J’ai de très grosses ambitions, je veux devenir l’une des vedettes du sport français. »

Pour ceux qui le suivent depuis plusieurs mois et son titre mondial chez les amateurs fin 2015, Yoka n’a pas pris un énorme boulard depuis son été brésilien. A Rio, il était déjà le leader sportif, la bête de com de la « Team Solide » (le surnom des boxeurs tricolores), et l'icône glamour avec sa compagne Estelle Mossely, également championne olympique.

Yoka-Mossely, LE couple des JO.
Yoka-Mossely, LE couple des JO. - Yuri CORTEZ / AFP

Chez Canal +, ce combo performance-belle gueule-tchacheur a séduit et on n’a pas hésité à investir. Si la chaîne cryptée refuse de communiquer le montant de la transaction, clause de confidentialité oblige, L’Equipe affirme que l’offre initiale s’élevait à 1,5 million d’euros annuel.

« La boxe, on le voit comme l’un de nos sports piliers avec le football, le rugby et la Formule 1 et elle a besoin d’une vedette, indique Thierry Cheleman, patron des sports. En termes d’audience, ça peut se situer autour de ce qu’on faisait avec Asloum et Mormeck, soit 1 ou 1,5 millions de téléspectateurs. Avec nous, Tony pose les fondations de ce qui en fera un grand champion. On a une stratégie globale avec lui, on va gérer au mieux son image et sa communication. »

Et pendant les quatre prochaines années, vous allez en bouffer du Yoka. Outre la diffusion en prime-time de ses combats sur Canal +, le groupe prépare un programme, diffusé à partir de début 2018, sur le couple Tony-Estelle. Et devinez qui sera aux manettes de la chose ? Cyril Hanouna, qui est d’ailleurs intervenu dans les négociations pour faire pencher la balance du côté de Vivendi, alors que le boxeur était aussi convoité par SFR.

Tout ça c’est très bien, mais vous allez me dire qu’on ne construit pas une carrière mondiale juste avec « Baba ». On est d’accord, Tony aussi, et c’est pour ça qu’il s’est associé avec un promoteur américain, Richard Schaefer. Calé au premier rang lors de la conférence de presse de son nouveau poulain, ce fils de banquier, connu dans le milieu pour avoir bossé avec Oscar de la Hoya et Floyd Mayweather, dégaigne la mitraillette à superlatifs quand on lui demande de décrire le colosse français.

Richard Schaefer, calé juste à côté de Floyd Mayweather sur la photo.
Richard Schaefer, calé juste à côté de Floyd Mayweather sur la photo. - Ethan Miller / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

« Le fait qu’il veuille travailler avec un promoteur américain et devenir une star globale montre à quel point c’est un garçon intelligent, lance Schaefer, qui l’imagine déjà en vedette à Las Vegas. Il a une présence, c’est quelqu’un de brillant, il peut devenir un ambassadeur de son sport comme l'était Mohamed Ali. The sky is the limit. »

Mais avant de devenir une star dans l’épicentre mondial de la boxe, Tony Yoka va aller y travailler. En février, le Français décollera pour San Francisco où il rejoindra son nouveau coach Virgil Hunter et débutera la préparation de son premier combat professionnel prévu en mai, première étape d’un plan qui doit l’amener à un titre mondial dans les quatre ans. « Mon fils, je sais qu’il va faire carrière depuis qu’il a huit ans, glisse son père Victor. On sera là pour l’aider dans tout ce qui l'attend. » Qu'il se rassure, on voit mal Cyril Hanouna oser lui mettre des nouilles dans le slip.