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JO 2012: Comment battre les relais jamaïcain et américain sur le 4X100m?
JO / ATHLETISME•Une chute, une blessure ou un relais mal assurés sont vite arrivés...Romain Scotto, à Londres
De notre envoyé spécial à Londres,
Avec quatre sprinters sous les 10 secondes, les Jamaïcains n’ont, a priori, qu’à se baisser pour ramasser la médaille d’or du relais 4X100m, dont les séries se déroulent vendredi matin. Les Américains et les Britanniques devraient aussi être au rendez-vous, mais les Français (à piocher parmi Bassaw, Biron, Lemaître, Pessonneaux, Pognon et Vicaut) ne s’avouent pas vaincus. Dans l’épreuve la plus imprévisible de l’athlé, un incident est vite arrivé. Et même si cela relèverait du miracle, le relais tricolore a des chances de devancer Bolt, Blake, Gatlin et leurs copains. Voici les trois conditions indispensables du hold-up parfait.
Rêver d’un chrono canon. C’est bien la base d’un relais. Avant de miser sur les aléas de course, mieux vaut être bien préparé. D’après Ronald Pognon, le «grand frère» de la bande, jamais un relais français n’a été aussi performant depuis douze ans. Du moins sur le papier. «On a vraiment une très bonne équipe. Là on peut mettre au départ quatre gars qui vont très, très, vite. Avant on en avait peut-être deux ou trois», s’emballe Pognon, dont le rôle est avant tout de cadrer les jeunes du groupe. Parmi eux, Pierre-Alexis Pessonneaux et Jimmy Vicaut, deux jeunes loups qui parlent ouvertement d’une grosse performance à Londres. «On est tous motivés pour aller chercher un record. Quand je vois nos sprinteurs on a un niveau de course excellent. A l’entraînement, ça a de la gueule!» salive Pessonneaux. Et pourquoi ne pas rêver du record d’Europe des Britanniques (37’73) claqué il y a treize ans?
Assurer des transmissions parfaites. Quand on est un peu en retrait côté chrono, la différence se fait forcément sur les transmissions de témoins. D’après Jimmy Vicaut, voilà le point fort des Français, «plutôt au point techniquement.» Pour rivaliser avec les meilleurs, il faudra prendre tous les risques sur les passages de témoins. «Avant, on observait des retards sur les prises de décision ou des anticipations trop importantes. Ce n’est plus le cas», assure Emmanuel Biron, le sprinter à crête de l’équipe. Seul problème, les Jamaïcains et les Américains ont eux aussi travaillé techniquement, en organisant des camps d’entraînement spécifiques (à Monaco notamment) pour les relais. Une première depuis bien longtemps.
Miser sur une chute ou un relais raté. S’ils assurent un minimum leurs relais, les deux nations phares du sprint n’ont aucune raison d’être inquiétées. Seulement ils sont parfois gourmands et l’idée de battre un record du monde (37’04, détenu par les Jamaïcains depuis 2011) pourrait les titiller. Dans ce cas, la prise de risque peut très bien tout faire capoter: «Ils peuvent faire un faux départ, un gars peut mordre la ligne, tomber dans son couloir ou se péter les ischios. Tout peut arriver!» prédit Biron. Il y a quatre ans les Etats-unis n’avaient pas réussi à atteindre la finale, à cause d’un relais manqué. L’an dernier à Daegu, une chute spectaculaire avait de nouveau anéanti leurs espoirs de médaille. Et sur le podium, quatre Français argentés pavanaient ce jour là derrière les Jamaïcains.


















