Euro2012: Cristiano Ronaldo et l'éternel problème portugais
FOOTBALL•Contre le Danemark, le Portugal espère enfin un déclic de sa star dans une grande compétition...Alexandre Pedro
De notre envoyé spécial à Gdansk,
Quand il évoque sa dernière saison à 46 buts avec le Real Madrid, Cristiano Ronaldo «se donne 10 sur le plan individuel». En sélection, l’attaquant mérite plutôt la moyenne. Un mal récurrent remis au menu du jour par sa prestation en demi-teinte face à l’Allemagne, pour ses débuts dans cet Euro 2012. Avec le Portugal, la machine à marquer s’enraye toujours en phases finales (quatre buts en 21 matchs). «Il faut à mon avis arrêter de comparer le rendement des joueurs en club et en équipe nationale», préfère évacuer son sélectionneur, Paulo Bento.
Le pays ne désespère pourtant pas de voir le Ronaldo du Real à l’œuvre mercredi, dans une rencontre déjà à la vie à la mort contre le Danemark dans ce groupe B. «Les gens au Portugal sont tellement fiers de sa réussite qu’ils n’osent pas trop le critiquer, constate Antonio Barroso, journaliste pour A Bola. Personne ne remet en cause son implication. On essaie plutôt de comprendre pourquoi il est moins efficace en sélection.» Pour Rui Barros, la réponse est dans la tête. «Cristiano se met trop de pression, juge l’ancien international passé par Marseille et Monaco. Il veut parfois trop forcer la décision, même si je trouve qu’il a gagné en maturité à ce niveau par rapport à la dernière Coupe du monde.»
Ses coéquipiers veulent le voir défendre
Luis Figo livre une autre analyse. L’ancien capitaine de la Seleção préfère jeter la faute sur les petits camarades de Ronaldo. «Je pense que l'équipe doit lui donner plus d'occasions, afin qu'il ait un meilleur rendement. Si l'équipe ne parvient pas à lui fournir des occasions de but, ses performances ne peuvent pas être bonnes.» Mais les partenaires du Ballon d’or 2008 ont aussi des griefs à formuler à leur capitaine. A commencer par sa faible participation défensive sur son couloir gauche contre l’Allemagne, si on en croit le quotidien Correio de Manha.
Mais alors comment utiliser et servir Ronaldo? L’aligner comme avant-centre? Déjà essayé par l’ancien sélectionneur, Carlos Queiroz, et sans grand résultat. Changer de schéma? Paulo Bento veut être enterré avec son 4-4-3. Mais à la différence d’un Queiroz, Bento paraît plus à l’écoute des suggestions de son joueur. Or, ce n’est pas un secret, Ronaldo préfère évoluer avec un avant-centre qui pèse sur les défenses. Buteur surprise et providentiel lors des qualifications, Helder Postiga pourrait en faire les frais au profit de Hugo Almeida ou du jeune Nelson Oliveira (20 ans et trois sélections). Mais quel que soit le nom du 9, c’est du 7 que le Portugal attend de voir la lumière et les buts jaillir. Une attente qui commence à durer.


















