Roland-Garros: Vincent de Lozère, supporter des Français et nouvelle star du tournoi

TENNIS Comme chaque année depuis 29 ans, ce fan se charge de mettre l'ambiance en tribunes...

Romain Scotto

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Vincent de Lozère, un supporter habitué de Roland-Garros, toujours prêt à encourager les joueurs français.
Vincent de Lozère, un supporter habitué de Roland-Garros, toujours prêt à encourager les joueurs français. — A.Gelebart/20minutes

Vincent aurait dû aimer le football. Mais ce qui le botte, c’est le tennis. Présent au bord des courts pour la vingt-neuvième année d’affilée, ce supporter s’est fait en quelques jours une petite notoriété auprès du public et des joueurs. Sur les courts 1, 2 ou 3, impossible d’ignorer ses encouragements incessants. Dès le premier tour ses «Al-lez! Jé-ré-my!» (Chardy) dépassaient en décibels les cris de Sharapova et Schiavone réunies. Une façon inédite de suivre un match en tribunes, où la plupart des spectateurs l’observent avec amusement. «Moi j’aime bien mettre l’ambiance. Je ne suis pas timide et c’est ma passion d’encourager. J’adore lever les foules, que le public me suive. Mais bien souvent, il est endormi.»

Une casquette sur le crâne, un tube de crème solaire dans le sac, et le voilà parti pour une journée d’applaudissements, d’harangues, et petits messages aux changements de côtés. Un vrai plaisir pour celui qui délaisse chaque année son village de Langogne en Lozère pour s’offrir au moins une semaine au bord des courts.

Calmé par les vigiles

Ancien 30/3, un classement du dimanche matin, Vincent n’aurait pas craché sur une carrière pro dans une autre vie. «Je stressais beaucoup en match. Ça ne m’a pas aidé.» Sur sa chaise aussi, il a tendance à stresser. Surtout quand un Français est sur le court. Au fil des ans, certains commencent à bien connaître le personnage, qui ne compte plus les cadeaux amassés. Une serviette par ci, des casquettes ou des tee-shirts par là. Cette année, le Taïwanais Lu, adversaire de Chardy, lui a offert un Perrier en plein match. Leconte, Santoro, Mahut et surtout Razzano, qu’il considère comme une amie, figurent aussi parmi ses plus grands fans.

«Elle m’a invité sur les principaux cours quand je n’avais pas de billets. L’un de mes plus beaux souvenirs, c’est quand elle a gagné Roland-Garros chez les juniors en 2000.» A l’époque déjà, Vincent s’égosillait en tribunes, sans relâche. Ses acclamations sont si appuyées que certains lui demandent parfois de baisser d'un ton. Les arbitres, les joueurs (menés) ou les agents de sécurité. «A ce moment-là, je m’exécute, bien sûr», glisse la nouvelle star du tournoi, arrêtée plusieurs fois dans la journée pour une pose photo ou un autographe. Jamais rassasié, il promet de poursuivre sa tournée à Bercy en novembre, puis à Montpellier en février. Les joueurs français n'ont pas fini de l'entendre chanter.