Tony Parker: «On a une chance pour le titre si on défend bien»

INTERVIEW Le meneur des Spurs a répondu aux questions des journalistes français à la veille des playoffs...

Propos recueillis par Philippe Berry

— 

Le meneur des San Antonio Spurs, Tony Parker, le 24 mars 2012 contre les Hornets de la Nouvelle-Orléans.
Le meneur des San Antonio Spurs, Tony Parker, le 24 mars 2012 contre les Hornets de la Nouvelle-Orléans. — J.BACHMAN/NEWSCOM/SIPA

Avec les Spurs, Tony Parker réalise l'une de ses meilleurs saisons NBA. Premier à l'Ouest, San Antonio affronte les Utah Jazz au premier tour des playoffs dès dimanche et veut éviter la désillusion de l'an dernier (défaite contre Memphis au premier tour).

>> Notre zoom sur les meneurs des playoffs à lire ici

 

L'élimination contre Memphis est-elle encore dans vos mémoires?

On avait été très déçus. Cela nous donne beaucoup de motivation. L'an dernier, Manu (Ginobili, ndr) était blessé, on n'était pas à 100%. Là, tout le monde a de la fraîcheur, on est prêts  à y aller.

 

Personnellement, après une saison resserrée, dans quel état êtes-vous?

Je me sens bien. Avec le lockout, il y a eu beaucoup de matches et une grosse intensité, mais le coach a fait un bon boulot pour gérer nos corps. Ces derniers matches, je n'ai pas trop joué, pour arriver le plus frais possible dimanche.

 

Quelle sera la clé contre Utah?

C'est une équipe très jeune, avec beaucoup de talent, très physique. Al Jefferson, à l'intérieur, c'est du costaud. Devin Harris est un meneur talentueux, très agressif, pas facile à contenir. J'aurai un gros boulot défensif, ça sera un bon match up. Ils n'ont rien à perdre, donc il faudra rentrer dans la série très tôt pour ne pas leur donner d'espoir.

 

Cette saison, vous êtes passé d'un profil de meneur-scoreur à celui d'un meneur scoreur et passeur. Progression personnelle ou nouvelle organisation?

Les deux. Avant, on passait beaucoup de temps à l'intérieur avec Tim Duncan, et Manu Ginobili est aussi un super passeur. Cette saison, Manu a manqué 35 matches pour blessures, j'ai donc eu plus de responsabilités et davantage la balle entre les mains.

 

Avec ce rôle plus important, aurez-vous plus de responsabilités dans le money time pendant les playoffs?

Avec Tim et Manu qui vieillissent, le coach compte beaucoup sur moi. Mais Manu revient à 100%, donc on va continuer de se partager les responsabilités tous les trois. Dans le money time, ça dépend de beaucoup de choses: qui est chaud, le match up en face etc. Le plus important avec le «Big 3», c'est qu'on ne gagnera qu'en équipe, en jouant tous ensemble à notre meilleur niveau.

 

Ces dernières semaines, Tim Duncan semble rajeunir...

Il joue à très haut niveau en ce moment, on dirait en effet qu'il a retrouvé une nouvelle jeunesse. Si son genou le laisse tranquille, ce n'est que du bonus pour nous.

 

Comment Boris Diaw s'est-il intégré?

Boris est un joueur intelligent, il a tout de suite trouvé sa place, avec de bonnes performances.

 

Comment se situe San Antonio par rapport aux équipes adverses?

J'adore nos chances pour le titre. Il y a cinq ou six grosses équipes qui peuvent aller au bout: Chicago, Miami, Oklahoma, les Lakers, notamment. On n'a jamais été aussi fort offensivement. Cette année, des jeunes comme Green et Leonard ont explosé. La balle circule bien et n'importe qui peut marquer. Mais un titre se gagne en défense. Si on arrive à être au moins 50% aussi bons dans ce secteur que les années victorieuses, on a nos chances.

 

Une préférence entre une finale contre les Bulls de Noah ou le Heat de Turiaf?

J'adorerais les Bulls, ce serait un super challenge contre Derrick Rose et marrant de jouer Joachim. Mais Miami contre Ronny au soleil, c'est sympa aussi. Je n'ai pas de préférence. Il faudra déjà s'imposer à l'Ouest.

 

Les JO se profilent avec l'équipe de France. Une finale NBA pourrait-elle perturber la préparation de certains Bleus?

On verra bien, on est plusieurs dans cette situation. Mais le coach est au courant et a déjà prévu de s'adapter. Les JO, c'est l'un de mes objectifs majeurs. Gagner une médaille, ça serait quelque chose.

 

La retraite internationale, vous y pensez?

J'ai envie de continuer. Jouer en équipe de France ou à Villeurbanne pendant le lockout m'a fait progresser. Pour arrêter en Bleu, je me suis fixé les JO de Rio, en 2016 (à 34 ans, ndr).