Footballeur transfrontalier

Floréal Hernandez

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Jonathan Schmid à la lutte avec Franck Ribéry en février. Le Fribourgeois récupérera le short et le maillot du Bavarois.
Jonathan Schmid à la lutte avec Franck Ribéry en février. Le Fribourgeois récupérera le short et le maillot du Bavarois. — Michael Probst/AP/SIPA

En Bundesliga, on trouve deux Franck Ribéry. Il y a l'international français qui compile les buts avec le Bayern de Munich. Et Jonathan Schmid, le « Franck Ribéry de Fribourg » comme s'amuse à l'appeler le défenseur du club badois Oliver Sorg. « Un surnom qu'il m'a donné en U19. Moi, je l'appelle Philipp en référence à Philipp Lahm », rigole Schmid.
Dimanche à Hanovre (0-0), le natif du Neuhof a disputé son 20e match de la saison en Bundesliga. Le 20e consécutif. Un nul qui assure au club de rester dans l'élite. Les Fribourgeois ont fêté leur maintien dans un restaurant, « notre entraîneur a fini par danser sur les tables », se marre le milieu de 21 ans, capable de dépanner comme latéral droit voire gauche.

Au Neuhof chez ses parents
C'est à ce dernier poste qu'il a affronté le Bayern de Ribéry en février (0-0). « J'avais Robben et Müller face à moi. Un peu Ribéry. ça va vite, souffle-t-il. A la moindre erreur, c'est but. » A l'issue du match, il a pu échanger quelques mots avec le Bavarois et récupéré son maillot et son short. « Il m'a encouragé. ça fait plaisir. Dire qu'avant, je le regardais à la télé et là, il était face à moi. »
Tout est allé très vite pour Schmid alors qu'il a pris des chemins de traverse. Arrivé au Racing à 8 ans, le gamin du Neuhof quitte le club à 16, –  «on m'a dit que j'étais fainéant », glisse-t-il en sourcillant –, puis joue une année à Schiltigheim, six mois au Mars Bischheim et six autres à Offenbourg. « C'est un club partenaire de Fribourg, il m'a servi de tremplin. » Malgré les obstacles, Schmid a toujours « continué à penser » qu'il passerait pro. « J'ai été fort mentalement. Le travail paie », affirme celui qui est sous contrat jusqu'en 2014 avec Fribourg.
Aujourd'hui, il fait profiter ses parents de son salaire de footballeur. « Je leur fais des cadeaux. Je regarde moins les prix », concède-t-il bien qu'il commence à épargner. Pour l'instant, le blond milieu de terrain n'a pas de loyer, car il vit toujours chez eux, au Neuhof. « Je ne suis pas prêt à partir ! Je ne sais pas cuisiner, seul, je mangerais des conneries. Là, je profite de mes parents et je suis derrière mon petit frère [Anthony, 13 ans, qui joue au Racing]. » Les 180 km aller-retour qu'il avale tous les jours entre Strasbourg et Fribourg ne le dérangent pas. « ça fait quatre ans que je les fais et quand je rentre ma mère est aux petits soins », sourit Schmid. Il hoche la tête quand on le qualifie de « footballeur transfrontalier ».

Futur autrichien ?

Jonathan Schmid est suivipar l'équipe d'Autriche, car son père y est né. Il songe à un futur international avec « Das Team » mais redoute les longueurs administratives pour avoirla nationalité. Et les Bleus ?Il sourit et cite l'exemple de Morgan Amalfitano, devenu international à plus de 26 ans.