Euro 2012: Les Experts y croient encore... un peu

HANDBALL La série de résultats positifs de dimanche donnent à l'équipe de France une chance de qualification, même si elle devra hausser largement son niveau de jeu pour battre la Croatie (mardi 18h10)...

Bertrand Volpilhac, en Serbie

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Les joueurs de l'équipe de France se congratulent après la victoire face à la Slovénie, le 22 janvier 2012
Les joueurs de l'équipe de France se congratulent après la victoire face à la Slovénie, le 22 janvier 2012 — CIZMIC/CROPIX/SIPA

De notre envoyé spécial à Novi Sad,

Allez savoir si c’est le destin, les dieux du handball ou, tout simplement, un bon gros coup de chance. Malgré leur psychologie inversée, assurant qu’ils étaient déjà éliminés et concentrés sur la préparation des prochains Jeux Olympiques, les Experts peuvent désormais rêver d’une qualification miracle grâce à un concours de circonstances assez étourdissant. Même si, pour cela, il faudra tout de même battre la Croatie mardi et l'Islande mercredi, puis espérer que les Croates ne laissent pas la Hongrie gagner.

La prophétie Omeyer

«Entre nous, on appelle ça la prophétie Omeyer, sourit l’entraîneur Claude Onesta. C’est lui dès la première heure qui a dit que tout était possible. Jusqu’à preuve du contraire on se rapproche de cette vérité, même si tout n’est pas entre nos mains.» Ce cadeau venu d’on ne sait où, les Bleus ont un peu du mal à le réaliser. Jérôme Fernandez: «Les chances étaient tellement minimes avant le match contre la Slovénie (gagné 28-26 dimanche) qu’on n’avait pas fait une croix dessus, mais on était plus vraiment dans l’optique de se qualifier, plutôt celle de se reconstruire nous en tant qu’équipe.»

Pour le capitaine des Bleus, les victoires de l’Islande sur la Hongrie et de l’Espagne sur la Croatie «changent un peu la donne, mais on se donne vingt-quatre heures de sursis à chaque victoire, on ne va pas faire de plan ne serait-ce qu’à moyen terme.» Avant de fantasmer, pensons donc d’abord à battre la Croatie, l’ennemi intime des Bleus depuis près de quinze ans, battu en finale du mondial 2009 (chez eux, à Zagreb) et de l’Euro 2010. «C’est une équipe connue qui est à mon sens moins forte que ses devancières, juge Onesta. Une équipe bien en place, un jeu maitrisé, mais pas aussi solide qu’elle l’a été.»

«Et si ma tante en avait?»

Sauf qu’on peut dire à peu près la même chose de l’équipe de France. Encore faiblarde face à la Slovénie, les Bleus n’ont toujours pas rassuré. Mais de ce nouvel espoir de qualification peut naître le déclic tant attendu qui les verrait soudain retrouver leur vrai niveau. «Et si ma tante en avait? rigole Bertrand Gille. Est-ce que c’est ce qu’il nous faut? Je n’en sais rien, on jettera tout dans la bataille, c’est sûr. On se ferait très plaisir en les battant mais je n’ai pas encore totalement perdu ma lucidité: pour battre cette équipe croate, il faudra montrer un autre visage.» Celui d’un potentiel demi-finaliste, par exemple?