Sepp Blatter: Le top 5 de ses casseroles

FOOT Est-ce le mandat de trop pour le président de la Fifa?...

B.V.

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Le président actuel de la Fifa, Sepp Blatter, candidat à sa réélection, pendant une interview en mai 2011.
Le président actuel de la Fifa, Sepp Blatter, candidat à sa réélection, pendant une interview en mai 2011. — Anja Niedringhaus/AP/SIPA

D’habitude, quand Sepp Blatter fait une boulette aussi grosse que lui, que le monde entier le condamne, tout se tasse et finit aux oubliettes. Mais cette fois, la sortie ahurissante du président de la Fifa sur la non-existence du racisme dans le football pourrait bien lui coûter cher. David Cameron, le Premier ministre anglais, tout comme son ministre des Sports, Hugh Robertson, ont appelé à la démission du Suisse. «Oui. Cela fait un moment (qu’il devrait le faire). C'est très grave mais il nous a habitués à ce genre de comportement», lâche Robertson. En attendant ce jour qui n’est pas prêt d’arriver, 20 Minutes a décidé de vous proposer un top 5 des plus belles casseroles de Blatter, 75 ans. Comme on n’a pas eu envie de choisir entre racisme, sexisme, dopage et corruption, on n’a pas fait de classement.

La plus maladroite: «Il n’y a pas de racisme dans le football»

Commençons par la plus fraîche (en date en tout cas). Il y a quelques jours, Sepp Blatter a estimé dans une interview donnée à CNN qu’il «n’y (avait) pas de racisme» dans le football, «sauf peut-être un mot ou un geste déplacé.» Pire encore, Blatter assimile le racisme à un fait de jeu: «La victime devrait se dire que ce n’est qu’un jeu et serrer la main de son adversaire.» Même si le président de la Fifa a édulcoré ses propos par la suite, estimant qu’ils avaient été mal interprétés, cette affaire a fait grand bruit chez les joueurs, et notamment auprès de Rio Ferdinand ou encore David Beckham, qui a qualifié ces propos de «consternants» et douté que «ces déclarations soient très bonnes pour notre sport».

 

La plus affligeante: «Les footballeuses devraient s’habiller plus sexy»

Sepp est un homme d’idées. Et pour vendre au mieux le football féminin, le patron de la FIFA en a eu une riche: «Pourquoi ne pas les habiller avec des tenues plus féminines, comme les joueuses de volley?» Il ajoute, remuant bien ses deux pieds dans le plat: «Elles pourraient, par exemple, avoir des shorts plus serrés.» Pauline Cope, gardienne de l’Angleterre, n’a pas hésité à répondre: «Il ne sait pas de quoi il parle. C’est irresponsable pour un homme dans sa position de dire de telles choses.» Pas mieux.

La plus naïve: «Il n’y a pas de dopage dans le foot»

En cyclisme, sans doute. En tennis, probablement. Dans tous les autres sports du monde, évidemment. Mais en football? Jamais de la vie. Selon Sepp Blatter, le dopage dans le football «n’existe pratiquement pas». Argument imparable, donné à France2 en 2006: «Le football est un sport technique où le dopage a peu intérêt.» Et les statistiques abondent en son sens, avec quasiment aucun contrôle positif sur les dix dernières années. Non, vraiment, le dopage en foot, c’est une hérésie.

La plus mesquine: Sa dernière réélection à la tête de la Fifa

Pour être réélu à la tête de la Fifa, Sepp Blatter a fait preuve d’une certaine malignité. A tel point que le comité d’éthique de la Fifa lui-même a ouvert une enquête sur son président, le 27 mai dernier. Motif: Blatter aurait été informé par Jack Warner, président de la Concacaf et membre du CE de la Fifa, de versements de sommes d'argent en liquide de la part de Bin Hamann, son adversaire à l’élection, à des délégations participant les 10 et 11 mai à une réunion de la Confédération des Caraïbes (CFU). Bilan: son principal concurrent est obligé de retirer sa liste, et Blatter est réélu en tant qu’unique candidat. Rassurez-vous: le comité d’éthique de la Fifa a par la suite blanchi le Suisse.

Ce n’est par ailleurs pas la première élection qui fait débat. En 1999, le livre How They Stole the Game de David Yallop expliquait comment l’élection de 1998, qui a fait de Blatter pour la première fois le président de la Fifa, a été truquée.

La plus gamine: Le refus de donner le trophée de champion du monde à Cannavaro en 2006

Cela reste un pétage de plomb inexpliqué. Le 9 juillet 2006, alors que David Trezeguet vient d’envoyer un plomb sur la barre et que l’Italie est championne du monde, Joseph Blatter refuse de donner le trophée au capitaine Fabio Cannavaro, comme le protocole le veut. C’est son vice-président Johansson qui s’en charge. Les motifs ne sont pas connus, même si l’on évoque le fait qu’une cérémonie était prévue pour Zidaine (qui prenait alors sa retraite) en cas de victoire de la France, mais que la victoire de la Squadra avait tout chamboulé et énervé Blatter. «C’est la coupe du monde, ils n’ont pas donné la bonne image au monde, explique Cannavaro. Ça nous a rendus encore plus fiers de ce que nous avons fait. C’était un signe que nous avions à nous battre contre absolument tout le monde.»

Ce à quoi vous avez échappé: Blatter aime bien les simulateurs dans le football, Blatter veut agrandir les cages, Blatter veut supprimer les matchs nuls, Blatter et les vannes foireuses sur les gays… On en avait encore en réserve.