Jean-Marc Mormeck, sept semaines pour battre Klitschko
BOXE•Le poids lourd français entame la dernière ligne droite de sa préparation avant de défier Wladimir Klitschko pour quatre ceintures mondiales...Antoine Maes
«Je veux ce qu’il a, et si je veux l’obtenir, il faut que je lui casse la gueule.» A sept semaines de défier Wladimir Klitschko pour quatre ceintures mondiales à Dusseldörf, Jean-Marc Mormeck a l’air d’avoir un plan très simple. Lundi, les deux hommes étaient réunis à Paris. Et l’impression visuelle quand on les voit tous les deux confirme que le Français va devoir résoudre une équation qui a l’air insoluble pour le «combat de (sa) carrière». «Tout le monde dit que c’est impossible. Mais j’ai vu Buster Douglas battre Tyson, j’ai vu Chavez, qu’on appelait l’Empereur, être battu par Randall. Au départ, ces types-là, comme moi, avaient des rêves», annonce le Français.
Stéphane Caristan: «On bosse la vitesse et l’impact, exactement comme le faisait Tyson»
Des rêves à la réalité, il y a donc un travail de préparation encore plus déterminant que d’habitude. Plus grand de 17 cm, plus lourd d’une dizaine de kilos, mais aussi plus jeune de quatre ans, l’Ukrainien impose au Français un défi original: rester mobile et endurant tout en ne perdant pas de puissance. Dans cette optique, Stéphane Caristan, ex-champion d’Europe du 110m haies, s’occupe de la préparation athlétique de Mormeck depuis le mois de mai, et sera également de l’équipe qui animera son camp à partir de début novembre. «L’équation, c’est de tenir trois minutes avec une grande intensité. Il doit rester lucide, même dans le rouge. On bosse aussi la vitesse et l’impact, exactement comme le faisait Tyson», détaille l’ancien hurdler. Qui met également tout en place pour que «JMM» puisse «frapper fort vers le haut» et compenser son déficit de taille.
Un ancien du coin d’Iron Mike au soutien
Mais puisque la boxe, comme l’avoue Klitschko lui-même, est «une partie d’échec», Mormeck s’est également adjoint les services d’une légende de la boxe, Kevin Rooney. Ce coach américain était dans le coin de Mike Tyson avec Cus D’Amato pendant l’âge d’or d’Iron Mike, entre 1985 et 1990. «Mike Tyson était de mon gabarit. Kevin va m’apprendre à me désaxer, à transférer le poids de mes coups», explique le Guadeloupéen, qui hâte d’en découdre «avec des sparring qui ressemble à Wladimir», annonce Mormeck. Rooney délaissera donc sa mythique salle new-yorkaise de Catskill pour rejoindre le camp de base du Français à la fin du mois. Evidemment, ce n’est pas une garantie de succès. «Il y a toujours tout à travailler, et jamais assez d’entraînement», tempère Jean-Marc Mormeck.


















