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Rugby: Les Bleus veulent vaincre la fatalité des exploits sans lendemain

Rugby: Les Bleus veulent vaincre la fatalité des exploits sans lendemain

COUPE DU MONDEL'équipe de France n'a jamais su enchaîner derrière une grande performance. Les Bleus veulent très vite oublier l'Angleterre pour déjà penser aux Gallois...
A.P. à Auckland

A.P. à Auckland

De notre envoyé spécial en Nouvelle-Zélande,

Et si tout cela n’était encore que le coup d’un soir? La France est la championne incontestée de ces exploits sans lendemain qui jalonnent sa relation instable avec la Coupe du monde. Ce mal héritée de leurs aînés de 1987, 1999 et 2007, les tombeurs de l’Angleterre doivent vivre avec. Marc Lièvremont sait que cette nuit du 8 octobre risque de perdre toute saveur si jamais ces joueurs tombaient au fond de la mine galloise samedi prochain en demi-finale. «Ils font aussi bien que les générations passées. Mais justement dans la passé, on a vu des joueurs se sublimer et se planter la semaine suivante», rappelle le sélectionneur.

«C'est un peu le mal du rugby français, il y a des hauts et des bas», confirme Jean-Baptiste Poux. Comme onze autres rescapés de l’équipe de 2007, le pilier toulousain est passé du paradis à l’enfer en l’espace d’une semaine entre une victoire à l’orgueil contre la Nouvelle-Zélande et une demi-finale jouée et perdue la peur au ventre face aux Anglais. «Les anciens comme moi vont avoir un rôle à jouer cette semaine, assure Aurélien Rougerie. C’est bien de savourer la victoire, de chanter, on va le faire ce soir mais ça ne va pas dépasser cinq minutes.»

«On n’a rien gagné»

Sur ce point, les Bleus ont déjà tenu leurs promesses. «Les joueurs ont été sages, ils sont restés au pub à dix mètres du restaurant», confirme Lièvremont. Au chaud donc et les yeux rivés sur… la rediffusion d’Irlande-Galles comme si ce quart de finale gagné était bon à ranger aux archives de la BNF. «Ce n’est pas à deux jours d’une demi-finale qu’on commence à se motiver», met en garde Dimitri Szarzewski.

Magnifique dans la révolte, cette équipe doit encore prouver qu’elle n’avance pas qu’en prenant des coups de pied dans le derrière. Le risque on le connaît et il est très français, c’est celui du relâchement inconscient. Pascal Papé l’a bien compris. «On n’a rien gagné. On n’est pas champion du monde», souffle le deuxième-ligne. Marc Lièvremont sait bien que son équipe n’a pas guéri de tous ses maux en 80 minutes aussi héroïques soient-elles. «Le risque, ce serait que les garçons croient qu'ils sont de super bons joueurs de rugby alors qu'ils sont les mêmes que face aux Tonga. La seule différence, c'est qu'ils avaient une grosse paire en plus samedi.» On ne gagne peut-être une Coupe du monde avec «une grosse paire», mais c’est déjà un bon début pour que l’histoire ne bégaye pas.