Jeux olympiques: Pyeongchang 2018, la victoire des JO business

OLYMPISME La ville de Corée du Sud accueillera les Jeux olympiques d'hiver dans sept ans...

Romain Scotto

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Les membres de la délégation de Pyeongchang 2018, lors de l'attribution des Jeux, le 6 juillet 2011 à Durban en Afrique du sud.
Les membres de la délégation de Pyeongchang 2018, lors de l'attribution des Jeux, le 6 juillet 2011 à Durban en Afrique du sud. — REUTERS

«Même une feuille de papier est plus légère si on la porte à deux», selon un proverbe sud-coréen. Pour obtenir les Jeux d’hiver en 2018, les représentants de Pyeongchang ont appliqué les recettes locales. A base de persévérance, de séduction et d’investissement collectif. Huit ans après sa première candidature et après deux refus successifs, cette ville de 48.000 habitants nichée au nord-est du pays a donc eu les faveurs du CIO. En face, Munich (25 voix) et Annecy (7 voix) n’ont pas pesé lourd. La ville sud-coréenne décroche les Jeux dès le premier tour, à la majorité absolue (67 voix).

A Durban, où les votants se sont prononcés mercredi après-midi, l’alternance des continents a sûrement joué, l’Asie n’ayant organisé les Jeux d’hiver qu’à deux reprises (sur 24) à chaque fois au Japon (Nagano et Sapporo). Il y a quatre ans, lors de la visite sur place des pontes de l’olympisme, les représentants asiatiques n’avaient que des Powerpoint à montrer à leurs hôtes. Cette fois, c’est la station artificielle d’Alpensia, inaugurée en 2010, qui les attendait. Pour 1,5 milliard d’euros, la Corée s’est offert un site majeur afin d’accueillir les Jeux. Sept ans avant l’échéance, elle est déjà presque prête.

L’influence du patron de Samsung

Le financement de l’opération est avant tout l’affaire de Lee Kun-Hee, patron de Samsung et membre sud-coréen du CIO. L’homme fort de la candidature Pyeongchang 2018 avec son carnet d’adresses à rallonge. La firme électronique est l’un des principaux partenaires commerciaux du CIO puisqu’elle sponsorise le relais de la torche olympique. Le boss de Samsung a aussi sollicité l’intervention de Mike Lee, un gourou de la com’ qui a notamment offert la Coupe du monde de foot au Qatar. Le slogan «Nouveaux horizons», c’est lui. Et le CIO n’y a sûrement pas été insensible.

Le marché des sports d’hiver asiatique est jeune et en croissance rapide. Les principales marques n’y sont pas encore implantées. Selon le dossier local, Pyeongchang connaît une progression annuelle de 5 % du nombre de touristes et se présente comme la Mecque du ski en Asie, malgré un enneigement relatif. Côté champions, le pays est aussi une nation émergente sur les podiums olympiques. Lors des derniers Jeux de Vancouver, la Corée du Sud pointait à la cinquième place du classement des médailles. Une performance due avant tout aux sports de glace. Il reste maintenant sept ans au pays du Matin calme pour s’habituer à la neige.