Teddy Riner: «Même avec une blessure, je serai aux Mondiaux à Paris»

INTERVIEW Le judoka, touché à l'annulaire de la main droite, défendra bien son titre de champion du monde à Bercy...

Propos recueillis par Romain Scotto

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Teddy Riner apres sa défaite aux championnats du monde de Judo le 13 septembre 2010 à Tokyo
Teddy Riner apres sa défaite aux championnats du monde de Judo le 13 septembre 2010 à Tokyo — AFP/KAZUHIRO NOGI

Dans cinquante jours, Teddy Riner sera sur le tatami de Bercy pour les championnats du monde. Quelque soit l'état de son annulaire droit, dont le fléchisseur est déchiré. Le champion du monde des lourds, de passage à Paris entre deux stages pour officialiser un partenariat avec Powerade, se veut  rassurant malgré sa blessure.

A-t-on raison de s’inquiéter pour vous avant les Mondiaux? Comment va votre doigt?

Je suis rassuré parce qu’on m’avait annoncé six semaines d’arrêt et que, si le tendon était trop décollé, ce serait compliqué pour les Mondiaux. Mais j’ai passé des examens supplémentaires et il me reste dix jours de bague avant de toucher enfin du kimono. J’ai senti les entraîneurs un peu préoccupés, mais moi, du moment que je ne suis pas inquiet et que j’ai confiance en mes capacités physiques et en mon corps, c’est l’essentiel.

Cela nuit-il à votre préparation?

Non, non, je ne pense pas. Avec les entraîneurs, on a déjà fait le point et on va réaliser un peu plus de préparation physique comme ça, pour reprendre le judo, je serai fin prêt et j’aurai la caisse. Là, ça me fait mal. Donc, il ne faut pas que je force, mon doigt a besoin de cicatriser.

Cela veut dire que, pour vous, il n’était pas envisageable de rater ces Mondiaux?

Dans ma tête, c’était clair. Même avec une blessure je serai aux Mondiaux. Un entraîneur m’a répété que la douleur n’est qu’une information et je pense qu'aujourd’hui je suis capable de monter sur un tapis même blessé. J’imagine déjà à quoi ça peut ressembler. Je compte sur le public pour être là, pour nous soutenir et j’espère qu’on va les faire vibrer et qu’on va leur montrer ce qu’on sait faire.

Comment adaptez-vous votre préparation avec un doigt abîmé?

Je bosse beaucoup sur le physique, les jambes, du renforcement, du gainage... je travaille mon explosivité. Un peu de tout. Et je mets une corde autour de mon poignet pour pousser ou tirer des poids.

Le contact avec le kimono doit vous manquer?

Oui bien sûr. Ça me démange même. Mais il faut faire les choses bien. Encore dix jours à tenir et après, je pourrai retoucher le kimono. En fait, cette épreuve peut me faire du bien, ça m’entraîne vers le haut. Maintenant, c’est à moi de bien m’entraîner pour être prêt le jour J et, surtout, ne pas décevoir.

Quelle est la suite de votre programme?

Mercredi, on s’envole pour Saint-Cyprien pour trois, quatre jours ensuite on partira pour Barcelone pour un stage avec les internationaux. Ensuite on revient à Dinard pour commencer le gros du travail.

En quoi cette main droite est-elle si importante en judo?

Moi, ça me permet de bien tenir le kimono adverse, de réaliser mes techniques, d’amener mon adversaire où je veux. Si je n’ai pas cette main, je ne peux pas faire de judo. C’est très important d’avoir la garde. Même quand on fait 130 kg, un doigt c’est très important et, sans ça, je ne peux pas faire de judo ni toucher un kimono. Je ne peux rien faire.