Le Stade Français espère un miracle et dix millions d'euros d'ici la semaine prochaine

RUGBY Après l'épisode de la Facem, le club parisien est dans une situation critique voir désespérée...

A.P.
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Les joueurs du Stade Français après avoir marqué un essai face à Toulouse, le 8 janvier 2011
Les joueurs du Stade Français après avoir marqué un essai face à Toulouse, le 8 janvier 2011 — F.FIFE/AFP

Malgré les circonstances, Richard Pool-Jones ne perd pas son humour tout britannique. «Vous n’avez pas un peu d’argent à me donner?», interpelle le plus français des internationaux anglais. Depuis mardi soir, l’ancien troisième-ligne du Stade Français (de 1997 à 2001) est pendu à son téléphone et active son réseau pour trouver des riches âmes charitables susceptibles  de venir en aide à son club de cœur. ««Quoi qu’il arrive on jouera le match jusqu’au bout», assure-t-il  tout en répétant à plusieurs reprises que le tâche «s’annonce très compliquée».

Pour ne pas dire impossible. Le club présidé par Max Guazzini  ne joue rien moins que sa survie après l’escroquerie dont il dit avoir été victime de la part de la Facem, cette fondation canadienne d’aide à l’enfance présenté pendant presque un mois comme un repreneur providentiel. Le Stade Français a jusqu’au 27 juin pour présenter des nouvelles garanties financières à la DNACG (Direction nationale d'aide et de contrôle de gestion) sous peine d’une rétrogradation en Pro D2 voire en Fédérale 1 en cas de dépôt de bilan. «On a un délais très court, reconnaît  Pool-Jones. Il faut reconstituer un nouveau tour de table qui était fait en mai dernier  mais que le club n’a finalement pas retenu à l’époque. Pour les raisons que vous connaissez.» Comprenez, l’arrivée de Bernard Laporte et de ses ex-amis canadiens. Parmi les noms évoqués celui de Serge Kampf (président de Capgemini et mécène du rugby français) revient avec insistance.

«Ca va être très compliqué»

Pool-Jones va donc devoir convaincre une seconde fois des investisseurs éconduits au profit d’une improbable fondation canadienne. Et cette fois, il ne s’agit plus de trouver cinq millions d’euros. «La masse salariale est plus importante puisque que 18 joueurs ont signé entre temps, reconnaît l’Anglais. Donc les besoins financier sont plus importants. Aujourd’hui, on n’est plus près de dix millions d’euros.»

La somme est colossale à l’échelle du rugby, surtout que l’image du Stade Français en a pris un coup ces dernières 48 heures. Max Guazzini garde pourtant foi en l’avenir comme il a clamé sur l’antenne de Radio Notre Dame mercredi matin. «On a des contacts,  tout le monde peut venir sauver le Stade Français. Et cette fois il ne faudra pas fournir des attestations bancaires (NDLR : comme la Facem qui aurait fourni des documents au club) mais des chèques.» Il faudra surtout trouver des personnes qui aient encore l'envie de les signer.