Equipe de France: Avec Marvin Martin, ce n'est pas la taille qui compte

FOOT Le Sochalien revient à Clairefontaine par la grande porte, dix ans après en avoir été éjecté en raison de son manque de centimètres...

B.V.

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Le milieu de Sochaux, Marvin Martin (en jaune) à la lutte avec le Bordelais Fernando, le 19 décembre 2010 à Sochaux
Le milieu de Sochaux, Marvin Martin (en jaune) à la lutte avec le Bordelais Fernando, le 19 décembre 2010 à Sochaux — E.Pol / SIPA

A Clairefontaine, Marvin Martin n’est pas tout à fait un étranger. Le meneur de jeu de Sochaux, 23 ans, appelé pour la première fois en équipe de France, connait bien le centre technique du foot français pour l’avoir fréquenté avec la sélection Espoirs, mais surtout pour s’être fait recaler du pôle de formation à l'adolescence en raison… de sa petite taille. «J’étais arrivé au dernier tour des sélections, balbutie-t-il, le visage fermé. Et puis on m’a refusé après une radiographie du poignet.» Qui démontrait que le petit prodige (1m71 aujourd’hui), aussi doué techniquement fut-il, n’aurait jamais eu une croissance suffisante pour atteindre le haut niveau. Une histoire qui prête forcément à sourire aujourd’hui, quelques semaines après l’affaire des «quotas» sur les joueurs athlétiques qui a ébranlé le football français.

«Que j’arrive à me lâcher»

«Je ne sais pas, je ne me préoccupe pas de ça», esquive le néophyte, bien trop heureux de vivre son premier rassemblement chez les grands pour aborder des sujets polémiques ou cracher dans la soupe. «Je n’ai pas de sentiment de revanche, Je ne suis pas quelqu’un comme ça.» Reste que son profil correspond parfaitement à celui que cherche Laurent Blanc pour donner un côté créatif aux Bleus. Bon dribbleur, amateur «d’un jeu rapide fait de passes courtes», le Parisien de naissance et ancien joueur de Montrouge (92) a explosé cette année en Ligue 1 en terminant meilleur passeur (17) du championnat. Dans un style proche de celui d’un Xavi ou Iniesta, les maîtres à jouer du Barça, le Sochalien impressionne par sa faculté à mettre ses coéquipiers dans la lumière. «Je dois remercier mes attaquants, sourit le héros du jour, nettement plus décontracté lorsqu’il s’agit de parler terrain. S’ils n’avaient pas marqué à chaque fois, je ne serai sans doute pas là.»

Profitant de l’élargissement du groupe de Laurent Blanc à 26 joueurs pour les trois matchs des Bleus (dont deux amicaux) début juin, Martin devra prouver au sélectionneur qu’il peut être une alternative crédible à Nasri ou Gourcuff dès sa première sélection. Une mission dont il connait déjà la formule. «Il faut que je reste moi-même, lance-t-il. Que j’arrive à me lâcher et à ne pas me mettre de pression.» S’il y parvient, c’est Karim Benzema qui devrait se régaler.