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Chantal Jouano installe l'Assemblée du sport

Chantal Jouano installe l'Assemblée du sport

© 2011 AFP

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L'Assemblée du sport, censée devenir un lieu pérenne d'échanges et de propositions sur la politique sportive de la France, a tenu mardi à Paris sa première séance dans une atmosphère consensuelle, au-delà des clivages politiques et des querelles de camps. Les 180 membres de l'Assemblée réunis à l'Institut océanographique sont entrés dans le vif du sujet avec les premiers ateliers consacrés aux six thèmes retenus. L'un après l'autre, les présidents de chaque groupe sont venus se présenter à leurs futurs collègues avant de s'enfermer avec eux pour une après-midi de travail.

La navigatrice Catherine Chabaud a ouvert le bal, responsable du dossier «Sport pour tous», puis la député PS Valérie Fourneyron («sport sain et éthique», l'ex-pongiste Jean-Philippe Gatien en charge du chantier «haut niveau», le dirigeant de la fédération française de golf Pierre Massie («emploi et formation»). Le député (UMP) Bernard Depierre, auteur de la récente loi sur l'Euro-2016, a présenté le volet «économie du sport» enfin le publicitaire et vice-président de la fondation du football Jacques Bungert, la partie «gouvernance du sport.»

«Dépasser les clivages politiques»

Ce panel présidentiel hétéroclite est un excellent résumé de la philosophie de la nouvelle institution qui associe cinq acteurs (Etat, mouvement sportif, monde économique, collectivités territoriales et société civile) et «invite à dépasser les clivages politiques», selon Denis Masseglia. Si Chantal Jouanno, la ministre des Sports, a donné l'impulsion décisive à sa naissance, Denis Masseglia, président du CNOSF, avait, le premier, évoqué la création de l'Assemblée du sport, en 2008. Mais ni le mouvement sportif ni l'Etat n'étaient à l'époque vraiment prêts au dialogue. Encore moins à y associer d'autres acteurs.

Le chemin parcouru est impressionnant. Mardi, Chantal Jouanno et Denis Masseglia avaient réuni dans l'amphithéâtre de l'Institut océanographique tous les autres décideurs et payeurs en matière de sport: les municipalités, les départements, les régions, représentés par leurs associations nationales, et le monde économique en la personne du président du tout nouveau comité sport du Medef, Philippe Joffard. Tous désireux de participer à la fameuse gouvernance. «Le modèle sportif français date des années 60», a rappelé Denis Masseglia. «L'implication des collectivités territoriales n'était alors pas celle d'aujourd'hui, sans parler du monde économique. Le sport a changé mais pas le modèle sportif. Il faut le faire évoluer, le rénover, sans faire la révolution.»

L'Assemblée, qui se réunira trois à quatre fois d'ici à fin mai devra rendre en juin des propositions concrètes dans les six axes prédéfinis. Les objectifs se résument à une série de chiffres: faire en sorte que la France, pays dont 2% du PIB (produit intérieur brut) repose sur le sport, qui dépense annuellement 35 milliards d'euros dans ce secteur et où près de 3 personnes sur 4 déclarent pratiquer une activité physique, devienne plus compétitive mais également plus égalitaire en la matière.