Equipe de France: Et si les Bleus forçaient leur talent?

FOOTBALL Face aux Luxembourg, l'équipe de France a paru timide offensivement. Il en faut pourtant plus pour inquiéter Laurent Blanc...

Romain Scotto

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L'attaquant de l'équipe de France Franck Ribéry (en bleu) lors d'un match des qualifications pour l'Euro 2012 face au Luxembourg, le 25 mars 2011 à Luxembourg.
L'attaquant de l'équipe de France Franck Ribéry (en bleu) lors d'un match des qualifications pour l'Euro 2012 face au Luxembourg, le 25 mars 2011 à Luxembourg. — T.Roge/REUTERS

Pour une équipe en phase de (re)construction, le résultat brut d’un match fait parfois office de cache-misère idéal. Pourquoi chipoter sur la manière, puisque la victoire est là. Avant d'analyser la victoire de son équipe face au Luxembourg (2-0), Laurent Blanc a donc posé son stéthoscope et rappelé que «le boulot a été fait.» L’équipe de France est revenue du Grand-Duché vendredi soir avec un sixième succès de rang, une première depuis l’ère Santini il y a sept ans. Elle s’est aussi installée à Enghien-les-Bains, son nouveau QG, avec un petit matelas (quatre points, avec un match en plus que la Biélorussie) sur ses poursuivants dans la course à l’Euro 2012. Voilà pour les chiffres, à deux jours d’un match amical contre la Croatie. Au-delà, le tableau est moins reluisant.

Face à la 117e nation du classement Fifa, les Bleus n’ont pas créé de jeu et attendu trop longtemps de se procurer des occasions. Pas question pour le sélectionneur de s’attarder sur les cas particulier. C’est toute l’attaque qui passe devant le juge. «Quand je dis que les joueurs à vocation offensive auraient dû être plus performants, j’inclus Malouda, Benzema, Ribéry, Gourcuff, Nasri. C’est clair net et précis, ces cinq joueurs là auraient dû mieux faire.» Après le match, le sélectionneur le leur a dit. Mais il n’a pas haussé le ton. Il sait très bien que, face à un adversaire replié dans son camp, la pénurie d’espaces n’aide pas les créateurs. D’où le recul de ses milieux, contraints de jouer dans leur moitié de terrain pour tâter un peu le ballon.

«Que chacun combine, trouve les espaces»

Dans ce contexte, Laurent Blanc attendait plus d’imagination. Des initiatives individuelles, utiles pour débloquer les situations. Cela faisait partie de ses recommandations durant toute la semaine d’entraînement. Il a pourtant attendu plus d’une heure avant de voir Florent Malouda permuter avec Franck Ribéry, figé sur son aile droite avant d’émerger. «Je ne sais pas si c’est dû à un excès de discipline», concède l’ailier des Blues, pas perturbé par la question. «Ce qui m’importe, c’est de retrouver une certaine cohésion dans les enchaînements offensifs. On n’y arrive pas. Il faut travailler sur la coordination. Que chacun combine, trouve les espaces.»

L’analyse du nouveau capitaine, Samir Nasri, ne varie pas. Le Gunner déplore pèle mêle l’absence de combinaisons, de vitesse, de cohérence. Cela fait beaucoup. «Il y a des adversaires comme l’Angleterre (victoire 2-1) contre lesquels on a trouvé des enchaînements rapides, reprend Malouda. Face à une équipe qui joue pour gagner, c’est plus facile.» Avec un peu de chance, ce sera l’intention première des Croates mardi soir au Stade de France. Sans enjeu, les Bleus pourront alors penser à produire du jeu.