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Cyclisme: le gotha du sprint à Milan-Sanremo
Le gotha des sprinteurs rêve samedi de Milan-Sanremo, la grande classique italienne convoitée aussi par les puncheurs et le premier d'entre eux, le Belge Philippe Gilbert.© 2011 AFP
Le gotha des sprinteurs rêve samedi de Milan-Sanremo, la grande classique italienne convoitée aussi par les puncheurs et le premier d'entre eux, le Belge Philippe Gilbert.
De l'Espagnol Oscar Freire, vainqueur sortant, au Norvégien Thor Hushovd, champion du monde en titre, tous les sprinteurs espèrent lever les bras sur le Lungomare Italo Calvino, au bout des 298 kilomètres qui font de la "Primavera" la plus longue classique de la saison.
Course de tension extrême, la "classicissima" se joue presque toujours dans les dernières minutes. L'ascension du Poggio, la colline surplombant Sanremo et la mer ligure, offre une ultime chance aux puncheurs qui cherchent à basculer au sommet, distant de 6,2 kilomètres de la ligne, avec une poignée de secondes d'avance.
La descente, sinueuse, ramène sur la Via Aurélia. Au bas, il ne reste plus que 3,4 kilomètres dans les rues bouillonnantes de Sanremo où les sprinteurs veulent se placer en vue de l'ultime ligne droite, déterminante le plus souvent sauf coup de force inattendu tel que le Suisse Fabian Cancellara (à surveiller samedi) l'avait réussi en 2008.
Freire, trois fois lauréat à Sanremo (2004, 2007, 2010), sait attendre son heure. Le triple champion du monde, qui égalerait au palmarès l'Allemand Erik Zabel s'il gagnait une quatrième fois, possède les qualités requises. En premier lieu, le sang-froid, afin de conserver son énergie pendant les longues heures de selle, et la lucidité, pour trouver l'ouverture dans le final.
Hushovd, en grande forme au vu du récent Tirreno-Adriatico, dispose pour sa part d'un autre avantage. Le solide Viking, qui connaît par coeur les routes du final proches de son domicile monégasque, partage les responsabilités avec deux autres coureurs au sein de l'armada Garmin, l'Américain Tyler Farrar et surtout l'Australien Heinrich Haussler devancé seulement de... 11 centimètres par le Britannique Mark Cavendish voici deux ans.
"Si je suis bien placé, l'équipe travaillera pour moi", annonce le champion du monde en soulignant toutefois que les deux autres options restent possibles jusqu'au bout. De quoi gêner leurs adversaires même si l'équipe HTC présente deux coureurs capables de s'imposer au sprint, Cavendish et l'Australien Matthew Goss.
Le Belge Tom Boonen et l'Italien Alessandro Petacchi, contrariés dans leur approche par des ennuis de santé, l'Italien Daniele Bennati, souvent placé depuis le début de la saison, voire l'Argentin Juan Jose Haedo, placent eux aussi leurs espérances dans le sprint final.
Pour éviter ce dénouement, les attaquants savent qu'ils doivent prendre les devants. Filippo Pozzato, Giovanni Visconti, Alessandro Ballan, Michele Scarponi et Vincenzo Nibali sont autant de candidats crédibles, qui apporteraient au cyclisme italien malmené dans les classiques un renouveau bienvenu, deux jours après le 150e anniversaire de l'unité du pays.
Mais la référence en matière d'attaque est bel et bien un étranger, Philippe Gilbert. Tout le peloton, à l'exemple de Nibali, attend le démarrage, sur la Cipressa (l'avant-dernière difficulté) ou plus probablement le Poggio, du coureur wallon, vainqueur en octobre dernier du Tour de Lombardie.
En vrai puncheur, Gilbert compte sur une course éprouvante qui l'avantagerait. Le ciel jouerait-il contre lui ? La météo prévoit un temps simplement nuageux et un vent faible.


















