Coupe Davis: Un groupe encore sous tension?
TENNIS•Les forfaits des uns et les états d'âme des autres ne permettent pas aux Bleus d'aborder leur premier tour de Coupe Davis sereinement...Romain Scotto
Il y a avait déjà les blessés et les frustrés. Guy Forget doit maintenant composer avec les joueurs agacés. Les mots durs de Gilles Simon, à l’égard de son capitaine, lundi dans L’Equipe, prouvent que même trois mois après, la défaite de Belgrade n’est pas totalement digérée. «On est tous encore un peu défaits après ce qu’on a vécu là-bas, concède Patrice Hagelauer, le DTN du tennis français. C’est toujours compliqué. Les joueurs ont tiré sur la corde jusqu’à la fin de l’année. Il a fallu vite réattaquer. Ça laisse forcément des traces.»
Sur le plan physique, cela se traduit par les désistements des trois meilleurs éléments, Gasquet, Monfils et Tsonga. Guy Forget refuse de parler de blessures diplomatiques jusqu’à présent. Mais il paraît clair que personne ne s’est vraiment battu pour arriver à Vienne sur pieds. «S'il n'avait pas eu de problème d'épaule, Gasquet aurait été très compétitif à Vienne», se défend le capitaine. Mais en prévision de ce premier tour, le Biterrois aurait aussi pu poser sa raquette... «Vraiment, ça m’étonnerait beaucoup que certains traînent les pieds pour venir en équipe de France, enchaîne Hagelauer. Ce serait malheureux et dommageable pour eux. Et puis, le docteur Montalvan ne va quand même pas étaler sur la place publique tous les dossiers médicaux des joueurs!»
Tulasne avait prévenu
En attendant, le «team building» 2011 de Guy Forget est un sacerdoce. Pour remplacer Gasquet, le capitaine a appelé en catastrophe Jérémy Chardy, un joueur à zéro victoire qui se plaignait d’être oublié lors de l’annonce initiale. Il a finalement rejoint un groupe où l’épisode de Belgrade aurait fait naître quelques dissensions. Thierry Tulasne avait, le premier, évoqué les possibles effets pervers de la dernière campagne. Le coach de Gilles Simon a bien senti le malaise de son élève.
Dans une interview à L’Equipe, lundi, le joueur met clairement en cause le mode de management de son capitaine. En tant qu’ancien attaquant, Forget ne comprendrait pas grand-chose au jeu défensif du numéro 1 par défaut de l’équipe de France. Les conseils de Forget «parasiteraient» même son esprit pendant les matchs. L’autre complainte du Français, concerne les règles de vie du groupe France. Ces derniers mois, Simon n’a pas apprécié l’individualisme de chacun. Et se plaint d’être le seul joueur à prendre sur lui pour ne pas perturber l’équilibre général. «J’arrive en sélection dans l’idée qu’il faut absolument se plier aux règles (...) Et qu’est-ce que je vois? Je vois que chacun arrive à l’heure qu’il veut (…) qu’aux entraînements, c’est pareil. Chacun fait ce qu’il veut.»


















