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Des menaces de grèves planent sur l'Amérique sportive
© 2011 AFP
Les Ligues professionnelles nord-américaines risquent de vivre une année sociale compliquée en 2011. Dès jeudi, la NFL pourrait se trouver en situation de lock-out, une forme de grève patronale, tandis que la NB pourrait suivre en juin. Les propriétaires de franchises de la puissante NFL et le syndicat des joueurs sont dans une impasse totale concernant la renégociation de l'accord collectif de travail (Collective Bargaining Agreement, CBA), qui expire jeudi.
Si une solution n'est pas trouvée d'ici là, les propriétaires -en général milliardaires - auront alors la possibilité d'interdire aux joueurs -pour la plupart millionnaires- l'accès aux outils et lieux de travail (centre d'entraînement, stade, matériel, entraîneurs etc...), déclenchant le premier conflit du travail à affecter la richissime NFL depuis 1987. Après des mois de bataille verbale, joueurs et propriétaires ont passé toute la semaine dernière à la table d'un médiateur fédéral, qui a eu ces mots diplomatiques: «Il y a eu des progrès mais de très fortes différences de vue demeurent entres les deux parties sur des sujets capitaux.»
Au coeur du problème, le partage d'un gâteau évalué à 9 milliards de dollars annuels (6,5 milliards EUR). Pour résumer, les patrons veulent réduire la part revenant aux joueurs au nom de coûts en constante augmentation. Si un lock-out décidé en mars se perpétuait jusqu'en septembre, quand débute traditionnellement la saison, le coût économique serait lourd pour la NFL: des centaines de millions de dollars de manque à gagner chaque week-end et des dizaines de milliers d'emplois dérivés provisoirement détruits.
«Les travailleurs syndiqués les plus riches du monde»
La solide réputation de la NFL pourrait aussi en souffrir: le base-ball ne s'est jamais vraiment relevé de sa saison 1994 tronquée de moitié après une grève des joueurs. La NBA n'est pas mieux lotie. Son CBA arrive à échéance le 30 juin, à l'issue de la saison, et l'état du dialogue social n'est guère plus reluisant. David Stern, patron de la célèbre Ligue de basket-ball, a récemment dressé un état des lieux sombre: les parties discutent de tout, sans tabous, ce qui est un progrès, mais ne sont d'accord sur rien... Les joueurs refusent notamment de céder à l'idée d'un plafond salarial fixe, qui existe en LNH (hockey sur glace), de peur d'une baisse de revenus. Stern les a appelés à la raison en leur rappelant qu'ils étaient «les travailleurs syndiqués les plus riches du monde».
Selon lui, la NBA devrait perdre environ 350 millions de dollars cette saison (250 M EUR) et il faut que les joueurs, qui coûtent 2,1 milliards de dollars (1,6 milliard EUR) par saison aux 30 franchises, fassent des sacrifices. «Le business modèle actuel n'est pas soutenable à long terme», répète-t-il depuis l'ouverture de la saison en octobre.
La Ligue de base-ball (MLB), dont le CBA prend fin en décembre, semble elle en meilleure posture. La menace d'un lock-out n'existe pas -du moins pas encore puisque les négociations n'ont pas commencé- et l'accord social actuel pourrait être prolongé sans faire trop de vagues. Le chef du syndicat des joueurs a toutefois récemment averti: le sort des négociations en NFL et NBA «pourraient affecter notre climat social (en MLB)».


















