Bruno Martini: «Olivier Girault ne se reconnaissait plus dans le club»
INTERVIEW•Le manager général du Paris-handball n'est pas surpris par le départ du coach de l'équipe, à quatre mois de la fin de son contrat...Propos recueillis par Romain Scotto
Entre le spectre d’une deuxième descente en trois ans et les problèmes relationnels, Olivier Girault a quitté ses fonctions d’entraîneur, mercredi soir. Le «dernier Parisien» (selon ses mots) du club, laisse l’équipe première à l’avant dernière place du championnat. Et ce, à seulement quatre mois de la fin de son contrat. Pour le manager général du club, Bruno Martini, la situation n’était plus vraiment tenable.
Pourquoi vous séparez-vous d’Olivier Girault quatre mois avant la fin de son contrat?
D’abord, on ne s’est pas séparé de lui. Il ne se reconnaissait plus dans le club et à partir de là, il ne pouvait plus mener à bien sa mission. Donc il a préféré se retirer. Comme il le dit lui-même, il s’est auto-démis de ses fonctions. Olivier Girault a été maintenu sur les déclarations du président il y a quelques semaines. A priori, il a préféré prendre cette décision-là qui, d’après lui, est la meilleure pour le club et pour lui.
Ce départ vous surprend-il?
Non, pas vraiment. Je sentais qu’il y avait des difficultés. Pas forcément liées aux résultats... Mais encore une fois, pour nous, la question ne se posait pas. Je ne peux pas essayer de comprendre ce qu’il se passe dans sa tête. Je ne lui ai pas parlé. L’entrevue a eu lieu avec le président.
Est ce qu’il n’aurait pas supporté l’idée d’être remplacé en fin de saison (Patrick Cazal doit prendre l’équipe en main en 2011-2012)?
Je ne sais pas. Je ne pense pas. On est dans le monde du sport professionnel. On le connaît. On sait qu’on travaille sur des missions ponctuelles, c’est la règle du jeu. Je pense qu’il l’avait intégré. Ça n’a pas été l’élément déclencheur d’autant que le club lui avait proposé de rester dans l’orbite du Paris handball. Il n’y avait pas de coupure claire nette et définitive pour s’en débarrasser. Il y avait une évolution.
Les joueurs le soutenaient-ils?
Je ne veux pas parler pour lui, mais dans son esprit, c’est peut-être ce que ça voulait dire. Les joueurs avaient peut-être des difficultés avec lui.
Pensez-vous qu’il était l’entraîneur qu’il fallait au Paris handball pour se sauver?
Je n’en sais rien. Ce que je sais c’est que c’était l’entraîneur sous contrat à qui le groupe Nicollin avait fait signer trois ans de contrat. Voilà.
Il faut lire entre les lignes alors…
Baaah…
C’est donc Maxime Spincer, son adjoint, qui le remplace?
On se donne un petit temps de réflexion par rapport à ça. Ça pourrait être lui, ça pourrait ne pas l’être. On va voir comment ça va évoluer. On ne sait pas si Cazal va venir plus tôt. Ça a été envisagé. Mais il y a beaucoup de contraintes liées à ça. Il faut peser le pour et le contre. Il y a des paramètres financiers, réglementaires qui entrent en jeu.
Après Jean-Claude Perrin (préparateur physique), il y a trois mois, les départs et les licenciements s’enchaînent au Paris hand. On a l’impression d’un grand ménage…
Non, Jean-Claude Perrin n’a pas été licencié. Il était prestataire de services. Et on a arrêté de faire appel à ses services. Comme des fois on change de crèmerie. On voulait apporter du sang neuf et quelque chose de nouveau. Un grand ménage, je ne sais pas. Mais les hommes changent, oui.
Quelles seraient les conséquences d’une nouvelle descente en D2 pour le club?
Ce serait difficile évidemment parce qu’on bâtit pas mal de choses. Ça remettrait beaucoup de trucs en question. Je pense qu’on perdrait les partenaires qu’on réussi à capter cette année, en leur montrant qu’on est capables de créer des choses. Ce serait vraiment compliqué.


















