Il mène sa barque à travers les océans

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« Ce n’est pas un record, c’est une victoire sur moi-même. » Emmanuel Coindre, 32 ans, a réussi la semaine dernière la traversée à la rame du Pacifique par sa voie la plus exigeante, celle du Nord, entre le Japon et les Etats-Unis. En 129 jours. Soit quatre de moins que Gérard d’Aboville, le seul à l’avoir précédé avec succès sur ce parcours. « Je n’ai vaincu personne et je n’ai surtout pas vaincu l’océan, relativise Emmanuel Coindre. Une traversée me permet seulement de tester mes propres limites. » Sa première transatlantique date de l’an 2000. Il avait alors rallié les Canaries à la Barbade à la seule force des jambes, à bord d’un hydrocycle, une embarcation inspirée du pédalo. Depuis, ce passionné de voile a adopté les avirons et traversé quatre fois l’Atlantique. Mais sa dernière expérience restera comme « la plus difficile ». Vents contraires, dépressions subtropicales, chavirages... « Je suis tombé deux fois à la mer, raconte le rameur. Ça a été deux moments de grande angoisse. Dans ces cas-là, on déploie une énergie insoupçonnée pour remonter sur le bateau. » A bord de son canot de 6,50 mètres, Emmanuel Coindre rame « seize à dix-huit heures par jour ». Dort « quatre heures par nuit ». Mange des plats lyophilisés et des barres énergétiques. Appelle le PC course, « pour donner des infos, discuter de la météo, recevoir des encouragements ». Il prie souvent, « pour se raccrocher à quelque chose dans un milieu qui n’est pas le mien » et se rase régulièrement, « pour garder un comportement humain ». « J’ai aussi dû me couper des gros cals aux mains avec un couteau », explique-t-il en montrant les stigmates de ses efforts sur ses paumes. De retour sur terre, il gère une société d’événementiels consacrée à son activité de rameur. Bavard lorsqu’il s’agit de narrer ses exploits, Emmanuel Coindre rechigne à parler de ses projets. Tout juste avoue-t-il qu’il n’a pas « envie d’en faire trop et de rester au fond de l’océan ». Jérôme Jolivet

Christian Quentin, responsable du PC course Je l’ai eu tous les jours en ligne à 10 h 30. Il fallait parfois lui remonter le moral, mais j’ai découvert chez lui un courage et une volonté hors du commun. François Lucas, architecte du bateau Le bateau a été conçu avec les impératifs suivants : légèreté, vitesse, sécurité. Mais il a réussi grâce à sa ténacité. Yves Métaireau, maire de La Baule C’est un garçon d’une grande qualité mentale, intellectuelle et physique. Il a proposé un projet très abouti et nous lui avons proposé une subvention exceptionnelle.