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Alex Dupont, des pistons et des convictions

Alex Dupont, des pistons et des convictions

FOOTBALLL'entraîneur de Brest veut se maintenir sans renier sa vision du jeu...
Matthieu Goar à Brest

Matthieu Goar à Brest

«Et ne me dis pas que je ressemble à un crapaud sur un boîte d’allumettes.» Casque orange et noir sur la tête, blouson en cuir orange et noir sur les épaules, les fesses bien calées sur une moto orange et noir, difficile de rater Alex Dupont à la sortie du terrain de Pen Helen, centre d’entraînement du Stade brestois. Le gars du nord a de la présence. En survêt' au bord de la pelouse («Tu crois qu’elle va venir toute seule la balle»), à poil dans le vestiaire où il prend la douche avec ses joueurs ou au moment de répondre aux questions («Putain, je t’avais oublié!») Oui le blond qui s’apprête à défier un OL affamé samedi soir est un sacré personnage.

>> Un match à suivre en live samedi soir sur 20minutes.fr

Un personnage avec du style. Comme son jeu. Sauveur d’un Stade brestois en perdition en mai 2009 (maintien puis remontée en Ligue 1), Alex Dupont a été adopté par Francis le Blé. C'est sûr, il y a cette voix rocailleuse et cette peau burinée qui ne fausseraient pas l'ambiance dans un rade de pêcheurs du Conquet. Mais il y a surtout une philosophie de jeu. Pressing haut, possession de balle, jeu de passes vers l’avant, disponibilité et primauté du collectif. Dans un stade où Corentin Martins, Roberto Cabanas ou encore Franck Ribéry ont sévi, ça plaît. «Il y a autre chose que le dribble. Le dribble tu l’utilises quand il n’y a pas de solution ou alors dans les 25 derniers mètres. A ce moment-là, ça appartient à un joueur. Mais l’élément essentiel reste la passe», théorise Dupont.

«Si on joue à dix derrière, on perdra tous nos matchs 1-0»

Pour s’en convaincre, il suffit d’assister à un entraînement brestois. Un échauffement de 5 minutes, quelques passes, puis une opposition d’une heure. Astreints à un jeu court à une touche de balle, les joueurs se régalent. «Il veut que l’on prenne du plaisir et que lon crée beaucoup de jeu, ca demande aussi une grosse exigence physique», résume Bruno Grougi, milieu offensif, bien conscient de l’importance du placement dans ce type de jeu où chaque perte de balle se paie cash. «On définit un système de jeu dans lequel le joueur a une liberté. Une liberté qui équivaut à autant de responsabilités car il ne faut pas sortir du cadre que j’ai défini.», prévient l’entraîneur.

Dupont, un motard esthète du ballon rond? Pas vraiment. «Quand je dis jeu, attention! Ce n’est pas jouer pour jouer mais pour gagner. Je veux une équipe qui va de l’avant, qui entreprend, où il y a de la sueur sur les maillots. Il y a un souci d’efficacité.» Et ça marche. Particulièrement quand ce n’est pas gagné d’avance. Coupe de la ligue avec Gueugnon, qualification en UEFA avec Sedan, remontée avec Brest, reconnaissance de ses pairs (meilleur entraîneur de Ligue 2 la saison dernière). Avec un point en deux matchs, l’immense défi est maintenant de maintenir Brest sans renier ses convictions. . «Si on joue à 10 derrière, on perdra tous nos matchs 1-0», a lancé Dupont à ses joueurs en début de saison. Le Lyonnais Claude Puel et ses théories sur le bloc défensif sont prévenus. «On jouera à Gerland comme on joue à domicile. J’ai beaucoup d’estime pour un club comme Lorient qui respecte une tradition de jeu, car respecter son jeu c’est perpétuer la vie d’un club», conclut Dupont. Intègre jusqu’au bout.

Ami de la police

Le palmarès d’Alex Dupont ne se limite pas à une Coupe de la Ligue avec Gueugnon. Le Nordiste a aussi été champion d’Europe en juin 2010… comme sélectionneur de l’équipe de France de la police.