Laurent Blanc tend la main à la génération 87

FOOT Mis de côté à la fin de l'ère Domenech, les Benzema, Nasri et consorts pourraient bien être les grands gagnants de l'arrivée de Laurent Blanc...

A.P.

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Karim Benzema a marqué le premier but face à l'Autriche le 14 octobre 2009 lors d'un match de qualification pour la coupe du Monde 2010.
Karim Benzema a marqué le premier but face à l'Autriche le 14 octobre 2009 lors d'un match de qualification pour la coupe du Monde 2010. — C PLATIAU / REUTERS

Quand Laurent Blanc évoque la génération des joueurs nés en 1987, le cœur du nouveau sélectionneur bat la chamade et s’emballe un peu. «Cette génération a été championne du monde… D’Europe peut-être. Cette génération a été quelque chose. C’est une génération de fou», lâche-t-il dans un éclat de rire qui cherche à faire oublier son erreur initiale. Non, la génération Benzema n’a jamais été championne du monde. Elle s’est «contentée» du titre européen des moins de 19 ans.

C’était en 2004 déjà. Depuis, «87» est devenu le plus gros malentendu du football français. Après avoir donné leur chance aux Ben Arfa, Benzema et Nasri, Raymond Domenech n’a pas hésité à sacrifier ces garçons réputés aussi doués que revêches pour maintenir la paix sociale du groupe France.  Depuis, une Coupe du monde cataclysmique, une grève et une honte en mondovision ont permis de relativiser la présumée embrouille générationnelle de l’Euro 2008.  A l’époque, certains cadres auraient bien voulu traduire Samir Nasri devant un tribunal d’exception pour avoir piqué la place de bus de l’un des ses aînés.

Blanc défend Benzema et encense Ménez

Le milieu d’Arsenal, ainsi que Benzema le Madrilène, figurent dans la première liste de l’ère Blanc, et cela malgré leur manque de préparation lié à la reprise tardive de leur championnat. Oublié par Domenech, perturbé par sa mise en examen, l’attaquant du Real a reçu un soutien sans faille de la part de son successeur. Mieux encore, l’ancien lyonnais est cité comme l’un des ceux à même de constituer le fameux noyau de leaders que cherche à constituer Blanc. «Même s'il n'est pas dans les meilleures dispositions physiques et psychologiques, il était important de le convoquer car je pense que Karim, comme d'autres, peut faire partie intégrante d'un noyau de l'équipe de France dans le futur.»

 Hatem Ben Arfa – toujours en plein doute concernant son avenir – est aussi de l’escapade norvégienne, Jérémy Ménez également. Blanc ne tarit pas d’éloges au sujet du milieu offensif de la Roma et veut croire à la rédemption d’un garçon qui traîne une réputation de soliste suffisant.  «J’ai pu discuter avec son entraîneur (Claudio Ranieri) qui est très content de lui, dans le domaine offensif mais aussi collectif. Jérémy est un garçon qui joue pour l’équipe alors qu’il a des qualités personnelles», observe le nouveau patron des Bleus. Mettre leur talent au service de la reconstruction de l’équipe de France, voilà le défi et la chance des (anciens?) enfants terribles du foot tricolore.

 Nés en 87

Dans la liste pour Norvège – France, sept joueurs sont nés en 1987. Parmi eux, quatre ont été champions d’Europe en 2004 (Ben Arfa, Benzema, Nasri, Ménez). Alou Cissokho, Loïck Rémy et Blaise Matuidi ne figuraient pas dans cette équipe bien que nés en 1987.