Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Charles Hedrich, le Steve Fossett français

Charles Hedrich, le Steve Fossett français

EXPLORATION – Portrait d’un aventurier inconnu du grand public…

«Aventure, performance, exploration», voilà la devise de Charles Hedrich, 52 ans, ancien marin de la marine marchande devenu aventurier. Son modèle, Steve Fossett, le millionnaire américain disparu dans un accident d’avion en 2007. Et son terrain de jeu, la planète, plus particulièrement les Pôles, les plus grands sommets du monde et les océans. Aujourd’hui, comme il le dit «sans arrogance ni fausse modestie», ce grand gaillard n’a quasiment aucun concurrent dans le petit monde des aventuriers «tout terrain». Et pourtant, notre Steve Fossett national, est quasiment inconnu du grand public.

Il finance lui même ses expéditions

C’est en 2003 qu’il a commencé sa seconde vie. Deux ans plus tôt, ce Lyonnais venait de faire fortune après la revente de son entreprise de chasseur de têtes. «J’ai toujours eu de l’admiration pour Steve Fossett. Je me disais que je pouvais faire encore mieux que lui sur le terrain physique. J‘avais dit à ma femme que je démarrai avant 40 ans, j’ai eu 5 ans de retard sur le programme» explique t-il avec le sourire. Jusqu’en 2007, il finance lui-même ses expéditions. Il bat notamment le record de la traversée de l’océan Atlantique à la rame entre Dakar (Sénégal) et le Brésil. Aujourd’hui, ses projets sont à l’équilibre grâce à des partenaires « J’avais de l’argent mais pas la fortune de Fossett »précise t-il.

Les records le motive

Quelles sont les motivations d’Hedrich? «La performance, la découverte de territoires inconnus, réaliser ce que personne ou peu de gens ont fait» explique t-il avant d’ajouter: «Je suis un aventurier qui aime la compétition. Quand il y a un record un battre, ça me motive».

En 2009, il réalise son plus grand exploit avec Arnaud Tortel : la jonction sans ravitaillement ni assistance entre le pôle Nord et la terre ferme du Groënland en 62 jours (800 km). « On a eu les conditions prévues jusqu’à 200 km du pôle. Après, il s’est mis à pleuvoir. Ce n’était pas du tout au programme. Conséquence: la banquise était explosée et on a été obligé de s’engager sur de la mer ouverte à perte de vue». Quelques semaines plus tard, il réalise le passage du Nord Ouest à la voile, le passage qui relie le Pacifique et l’Atlantique par l’Arctique. «Il y a 20 ans, c’était impossible, aujourd’hui, je peux le faire avec un bateau de location sans problème».

Il ne veut pas devenir un nouveau Hulot

Aux premières loges pour observer le changement climatique, Charles Hedrich ne veut pourtant pas devenir un nouveau Nicolas Hulot. « Moi et mon équipe n’avons aucun discours militant ni politique. Nous sommes des aventuriers» explique t-il. Mais en tant que témoin privilégié du réchauffement climatique, il est un écologiste malgré lui.