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Le Portugal ne se résume pas à Cristiano Ronaldo

Le Portugal ne se résume pas à Cristiano Ronaldo

FOOTLes Portugais de ce début de Coupe du monde s’appellent Raul Meireles, Fabio Coentrao ou encore Bruno Alves...
Alexandre Pedro

Alexandre Pedro

Appelez cela, les limites de la démocratie participative appliquée au football. Cristiano Ronaldo a beau alterner le bon et le franchement irritant dans cette Coupe du monde, les internautes du monde entier l’ont désigné comme l’homme du match des trois matchs de poule du Portugal. Presque désolée d’accaparer les honneurs, la star du Real Madrid a offert son trophée à Tiago après la 7-0 passé à la Corée du Nord. Voilà résumé tout le paradoxe portugais. Le monde a les yeux braqués sur le moindre mouvement de cils de l’enfant prodige de Madère mais en oublie l’implacable discipline collective de cette équipe. Une erreur grossière que n’a pas manqué de remarquer Vicente Del Bosque, le sélectionneur espagnol: «Le Portugal ne se résume pas à Ronaldo. C’est un bloc très hermétique. Je m’attends à voir Ronaldo devant et tous les autres derrière.»

Et les faits lui donnent raison. Loin de l’étiquette des «Brésiliens de l’Europe» qui lui colle au maillot, le Portugal a construit ses fondations sur une défense de fer. Rien d’étonnant à ce qu’Eduardo soit le seul gardien à ne pas avoir récupéré un ballon au fond de ses filets. Le sélectionneur, Carlos Queiroz, enfile le costume trois pièces de José Mourinho pour défendre cette identité: «Notre bilan de trois buts sur les 18 derniers matchs est très important pour moi et pour toute l’équipe.»

La révélation Coentrao

Moins sexy qu’une séance photo de Cristiano, la charnière formée par Bruno Alves et Ricardo Carvalho porte ce nouveau Portugal. Impitoyable dans le duel, méchant quand il le faut et propre dans la relance, le duo incarne bien le football pragmatique prôné par le FC Porto (ou Alves a succédé à Carvalho lors de son départ pour Chelsea en 2004). Queiroz a aussi eu le bonheur d’enfin trouver un latéral gauche de haut niveau avec Fabio Coentrao. Depuis le début de la compétition, le joueur de Benfica étale sa classe d’ancien numéro dix dans ce couloir gauche qu’il n’arpente que depuis six mois. Quant à Raul Meireles, il ne s’agit plus d’une révélation mais d’une confirmation. Gros moteur et buteur de secours appréciable, le milieu relayeur tatoué s’affirme comme le nouveau patron de l’entrejeu lusitanien ou Deco n’entre plus dans les plans de son sélectionneur

Toutes ces bonnes nouvelles ne doivent pas cacher le mal portugais à créer le jeu. Comme face au Brésil, tout porte à croire que les hommes de Queiroz s’apprêtent à attendre l’Espagne pour mieux la contrer. Meneur de jeu élégant du Portugal dans les années 80 et légende de l’Atlético Madrid, Paulo Futre s’attend à une opposition «entre une défense très forte et la meilleure attaque du monde» emmenée par David Villa. Après, rien n’empêche Cristiano Ronaldo d’enfin donner raison aux internautes.