Yoann Gourcuff: «Peut-être un manque de confiance»
INTERVIEW•Le milieu de l'équipe de France quitte le Cap avec des regrets...Propos recueillis par Romain Scotto, au Cap
De notre envoyé spécial au Cap (Afrique du Sud),
Quel sentiment vous habite après ce nul? De la frustration?
Oui, surtout quand on voit la fin du match, avec le carton rouge. On est déçus du résultat. On sentait qu'ils étaient fatigués. C'est dommage de ne pas avoir fait la différence une fois. On aurait préféré une victoire. Ça nous aurait donné de la confiance et de la sérénité dans notre jeu et dans la façon d'aborder les autres matchs.
Cela veut dire que le match contre le Mexique prend une autre dimension?
Forcément, on ne va pas l'aborder de la même façon que si on avait gagné. On aura un peu plus de pression encore. C'est pour cela que c'est dommage de ne pas avoir marqué ce but.
Il y a encore du plaisir à jouer un match avec tant pression?
Bien sûr. Un match de Coupe du monde, c'est exceptionnel. Donc il faut essayer de prendre du plaisir, ensemble. Trouver des décalages ensemble. Oui, on cherche le plaisir, sur certaines séquences, on en a trouvé, mais pas assez.
Certaines choses vous ont-elles étonnées chez les Uruguayens?
Finalement, par rapport à ce qu'on avait vu, on s'attendait à un gros pressing et ils nous ont lâché le terrain. On n'était pas préparé à ça. Il aurait fallu plus de mouvement, plus de disponibilité pour le porteur de balle, enchaîner plusieurs passes, renverser de l'autre côté pour bouger leur bloc équipe. La différence aurait pu se faire sur les côtés.
Le 0-0 est-il juste?
Au niveau des situations, on en a plus qu'eux. On a aussi plus le ballon qu'eux. Après, la vérité d'un match, c'est que le résultat finalement.
Ce manque de mouvement est-il la conséquence d'un manque de confiance?
Peut-être. Comme on s'attendait à un gros pressing, on était assez méfiants. On ne voulait pas prendre de risque pour faire monter notre bloc équipe et à partir de là, jouer. On n'était pas forcément préparés à un schéma comme ça
Avez-vous senti de l'agacement sur le terrain?
Non peut-être un peu de précipitation. Quand on partait en contre-attaque, on voulait faire la différence trop vite. Mais c'est vrai que derrière on avait du mal à ce que tout le bloc remonte. Donc on avait du mal à se retrouver en supériorité numérique dans leur camp. C'est pour cela qu'on tentait des frappes de loin.
Qu'est ce qu'il y a a garder de cette prestation?
La solidité défensive, à part sur une touche longue. On a tous fait les efforts ensemble, on a bien coulissé, on les a mis en difficulté et on ne les a pas laissés jouer.
Avez-vous senti une ambiance particulière sur ce match?
Oui, il y avait de l'intensité, les deux équipes étaient très méfiantes. C'était très statique. Après, on n'est pas habitué à cette ambiance. On ne peut pas communiquer, c'est hyper gênant. Des fois, on est seul on la remet alors qu'on aurait pu se retourner. Ça change par rapport à d'habitude.


















