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Que retenir des dernières infos secouant le XV de France

XV de France : Affaire Auradou-Jégou, Melvyn Jaminet… Que retenir des dernières infos secouant les Bleus ?

TourmenteAlors que la justice se saisit des propos de Melvyn Jaminet, l'éventuel procès d’Hugo Auradou et Oscar Jegou, accusés de viol, n’aura pas lieu avant 2025
Jérôme Diesnis

Jérôme Diesnis

L'essentiel

  • Les joueurs de l’équipe de France de rugby sont rentrés de la tournée catastrophique en Amérique du Sud. Sans Melvyn Jaminet, exclu du groupe après une vidéo raciste, ni Hugo Auradou et Oscar Jegou, incarcérés en Argentine et soupçonnés de viol.
  • Une enquête est en cours pour « menace de mort à raison de l’origine » après les propos racistes tenus dans une vidéo par Jaminet, a indiqué le parquet de Paris. Elle est ouverte depuis le 9 juillet et fait suite à un signalement de SOS Racisme.
  • Inculpés pour le viol aggravé d’une femme dans la nuit du 6 au 7 juillet, Hugo Auradou et Oscar Jegou risquent jusqu’à vingt ans de prison. Le potentiel procès des deux hommes, qui nient ces accusations, n’aura pas lieu avant neuf à quatorze mois.

L’avion ramenant les joueurs du XV de France de leur tournée en Amérique du Sud, s’est posé lundi soir à Paris. De rugby, il a été bien peu question ces derniers jours entre les propos racistes de Melvyn Jaminet et les accusations de viol à l’encontre d’Hugo Auradou et Oscar Jegou. « Un trauma collectif », pour le trois-quarts centre Antoine Frisch, qui faisait partie du groupe France lors de cette tournée. « Une semaine terrible », pour le demi de mêlée Baptiste Serin. Ces affaires, qui ont sérieusement terni l’image du rugby, font passer inaperçue la qualification des Bleuets en finale de la Coupe du monde U20, avec une victoire 55-31 contre les Baby Blacks en demi-finale.

Pas de procès avant au moins neuf mois pour Auradou et Jegou.

Incarcérés en Argentine, Hugo Auradou et Oscar Jegou sont inculpés du viol aggravé d’une femme dans la nuit du 6 au 7 juillet dans un hôtel de Mendoza, dans le nord-ouest du pays. Cette femme les accuse de l’avoir battue et fait subir de multiples violences. Les deux joueurs, qui connaissaient à cette occasion leur première sélection sous le maillot bleu, évoquent des relations sexuelles « consenties » et nient tout acte de violence. L’examen de leur demande de placement en résidence surveillée devrait prendre « au moins une dizaine de jours » selon le parquet de Mendoza. « Ensuite, le délai pour que le procès se tienne, c’est entre neuf et quatorze mois », a expliqué le président de la Fédération française lors d’un point presse à Marcoussis, ce mardi. Ils encourent jusqu’à vingt ans de prison.

La Fédération « a trouvé une maison potentiellement à louer à Mendoza. Pour faire face à l’urgence, c’est nous qui avons avancé les fonds pour l’ensemble des dépenses qu’il devait y avoir. Mais les dépenses relèvent des familles, pas de la Fédération française de rugby », souligne Florian Grill. « Dans l’esprit, en fonction de la manière dont les choses évoluent, il est assez évident que les clubs pros et les joueurs, qui ont aussi fait œuvre de solidarité, ont envie de contribuer (financièrement), de manière que le coût pour les familles ne soit pas considérable. »

Pourquoi les joueurs sont-ils « sortis du cadre » ?

Lors des tournées à l’étranger des Bleus, « il y a un cadre extrêmement précis qui est celui qui existe depuis des années, fondé sur l’autonomie et la responsabilisation. Ce cadre n’a pas été respecté par les joueurs », a souligné Florian Grill, dans ce même point presse.

« Le cadre prévoit qu’ils puissent sortir en groupe avec des joueurs un peu plus « seniors », qui sont chargés de prévoir des taxis et de faire rentrer tout le monde en même temps, ce qui a été fait par Baptiste Serin », a expliqué le président de la Fédération. Le demi de mêlée de Toulon avait été désigné capitaine pour cette tournée. « Il y a un certain nombre de joueurs qui ont décidé de ne pas sortir du cadre. Ce n’est pas le staff qui est en responsabilité, c’est bien les joueurs qui ont décidé de sortir du cadre », a-t-il insisté, en dédouanant la responsabilité de l’encadrement de l’équipe de France.

Enquête en cours après les propos racistes de Jaminet

Une enquête est en cours pour « menace de mort à raison de l’origine » après les propos racistes tenus dans une vidéo par l’arrière du XV de France Melvyn Jaminet, a indiqué le parquet de Paris. Elle est ouverte depuis le 9 juillet et fait suite à un signalement de SOS Racisme. Dans une vidéo postée sur Instagram à la suite de ce même test-match à Mendoza contre les Pumas argentins, l’arrière du XV de France avait tenu des propos racistes. « Ma daronne qui me demande si j’ai fait la fête. Je te jure le premier Arabe que je croise sur la route je lui mets un coup de casque. » Le joueur avait été mis à l’écart par la Fédération « à effet immédiat » et quitté le groupe France. La FFR avait ouvert une « enquête interne » pour « prendre les mesures appropriées ». La Fédération française de rugby explique avoir effectué le 12 juillet un « signalement auprès du procureur de la République », a de son côté annoncé Florian Grill, que le parquet n’avait pas encore reçu, ce mardi.

Tout savoir sur les scandales du XV de France

De son côté, le club de Toulon, qui avait également immédiatement condamné les propos de son joueur, a annoncé l’ouverture d’une « enquête interne ». Selon plusieurs médias, le joueur est attendu vendredi au siège du RCT pour un entretien préalable à une sanction. Le 7 juillet au soir, l’arrière international avait publié un message d’excuses sur son compte Instagram, se disant « profondément désolé et honteux ».