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Cyclisme: Un lien entre dopage et vitesse moyenne

Cyclisme: Un lien entre dopage et vitesse moyenne

DOPAGEOn s'en doutait, mais maintenant une étude le prouve...
M. P. avec agence

M. P. avec agence

«En 1993, il se passe quelque chose». La constatation de Nour El Helou, chercheuse à l'Institut de recherche biomédicale et d'épidémiologique du sport (Irmes), n’est pas nouvelle. Laurent Fignon avait justifié sa fin de carrière par ce changement de rythme et toutes les affaires découvertes par la suite montrent que le début des année 90 marque un tournant dans le développement du dopage dans le cyclisme. Mais les recherches de Nour El Halou, publiées dans le Journal of Sports Sciences, permettent enfin de quantifier l’effet de nouvelles méthodes d’amélioration de performance: «Nous constatons un saut brutal de 6% des performances, qui est inexpliqué et concerne toutes les courses», poursuit-elle.

«Plus le parcours est difficile, plus vite sont grimpés les cols»

Ces courses sont les trois grands tours - le Tour de France, le Giro et la Vuelta -, quatre classiques - Milan-Sanremo, la Flèche Wallonne, Paris-Roubaix et Liège-Bastogne-Liège - et de quatre courses à étapes - Paris-Nice, Dauphiné Libéré, Midi-Libre et Quatre jours de Dunkerque. L’étude prend en compte les vitesses moyennes constatées sur chaque épreuve depuis la fin du XIXe siècle. Les innovations technologiques, comme l’allègement des vélos, ou les entraînements plus structurés expliquent la progression régulière.

Mais en fin de siècle, l’étude met en évidence une brusque augmentation de la vitesse. «On peut constater une coïncidence avec l'apparition de l'EPO dans le peloton dans les années 1990, fait remarquer la chercheuse. De nombreux contrôles positifs à partir du moment où un test de détection est trouvé en 2000 confirment son utilisation, tout comme des témoignages de coureurs, qui relatent certaines pratiques.» Autre observation troublante: la vitesse ne cesse d’augmenter sur le Tour de France, alors que le dénivelé parcouru a presque doublé entre 1990 et 2005. «Autrement dit, plus le parcours est difficile, plus vite sont grimpés les cols», conclut le Professeur Jean-François Toussaint, directeur de l’Irmes.