Dysfonctionnement des fédérations : La députée Sebaihi dénonce le « mépris » d’Oudéa-Castéra pour les parlementaires
SPORT•Après les critiques d’Amélie Oudéa-Castéra contre le rapport de la commission d’enquête sur les défaillances des fédérations sportives, la députée Sabrina Sebaihi a répondu à la ministre, regrettant son « mépris » du travail parlementaire20 Minutes avec AFP
Après les critiques émises par la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra à l’encontre de la commission d’enquête parlementaire sur les défaillances des fédérations sportives, évoquant notamment un rapport « militant » et « instrumentalisé » politiquement, la réponse ne s’est pas fait attendre. La députée écologiste Sabrina Sebaihi, rapporteure de ladite commission d’enquête a reproché mardi à AOC son « mépris du travail des parlementaires ».
« Je ne sais pas qui conseille la ministre dans sa communication […] C’est un mépris du travail des parlementaires et de l’Assemblée nationale. Je rappelle que selon la Constitution de notre pays, les députés contrôlent l’action du gouvernement, nous faisons simplement notre travail », a réagi Sabrina Sebaihi lors d’un point presse au Palais Bourbon.
Après six mois d’auditions devant la commission, cette députée d’opposition a signé un rapport au vitriol sur les « défaillances systémiques » des fédérations sportives, notamment en matière de lutte contre les violences sexuelles, fustigeant une « omerta à tous les étages ». Elle épingle aussi les rémunérations « élevées voire anormales » des responsables sportifs, particulièrement d’Amélie Oudéa-Castéra lorsqu’elle était directrice générale de la Fédération française de tennis de 2021 à 2022 : 400.000 euros brut annuels et 100.000 euros de prime d’objectif.
Le porte-parole du groupe PS réclame la démission d’AOC
Devant la presse, Sabrina Sebaihi a comme dans son rapport réclamé la mise en place d’une « autorité administrative indépendante » pour traiter de « l’éthique » des fédérations et des violences sexuelles dans le sport, « à l’image de ce qui a été mis en place dans le domaine du dopage », avec l’Agence française de lutte contre le dopage.
« Nous sommes convaincus que le mouvement sportif ne peut plus être le seul juge des maux qui le gangrènent », a souligné la députée des Hauts-de-Seine. « C’est le deuxième rapport qui indique qu’il faut cette autorité administrative indépendante », après celui de l’ancienne ministre des Sports Marie-George Buffet en décembre, a-t-elle rappelé.
AOC ne veut pas entendre parler d’autorité indépendante
La ministre Amélie Oudéa-Castéra s’était dit en désaccord avec la création d’une telle autorité, privilégiant la cellule actuelle Signal-Sports, pourtant vivement critiquée dans le rapport de la commission d’enquête. A gauche, le porte-parole du groupe PS Arthur Delaporte a estimé que la commission mettait « en avant les faiblesses » de la ministre des Sports. « N’en jetez plus. La Coupe Davis est pleine, elle doit démissionner », a-t-il réclamé.
A l’extrême droite, les députés du Rassemblement national ont qualifié à l’inverse le rapport de Sabrina Sebaihi « d’opération politicienne bien orchestrée ». Roger Chudeau reproche à la rapporteure de vouloir « démolir Madame Oudéa-Castéra en tant que personne » et « de masquer le fond du problème » qui « ravage le sport français » aux yeux de cet élu RN : « la montée du communautarisme islamiste radical » dans les clubs. Les députés RN avaient claqué la porte de la commission fin septembre.



















