Tignes: colère, clash et désillusion

FOOT Pour les Bleus, la station savoyarde a été le théâtre de plusieurs psychodrames...

M. P.
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Grégory Coupet (à gauche) n'avait pas supporté sa mise sur le banc et la titularisation de Fabien Barthez lors du Mondial 2006, le 25 mai 2006.
Grégory Coupet (à gauche) n'avait pas supporté sa mise sur le banc et la titularisation de Fabien Barthez lors du Mondial 2006, le 25 mai 2006. — REUTERS/Charles Platiau

Pour la septième fois depuis 1997, les Bleus posent leurs valises à Tignes. Volonté d’être au calme, de se préparer physiquement en altitude ou de garder l’habitude qui a peut-être contribué au sacre de 1998? Un peu de tout sans doute. Il n’empêche que le stage de Tignes est devenu un moment incontournable avant chaque grande compétition internationale. Mais un moment pas forcément plaisant à vivre.

 

1997: Un contrôle incontrôlé

Les Bleus découvrent la station savoyarde à Noël 1997. Pas de chance pour eux, la période est à la lutte acharnée contre le dopage [l’affaire Festina a lieu en 1998] et on ne fait pas de cadeau. Du coup, des contrôleurs débarquent à Tignes et Aimé Jacquet doit tirer au sort six joueurs qui doivent se soumettre au test. Ce contrôle inopiné n’avait pas plu au sélectionneur. «Il y a des jours où on a envie de prendre sa valise et d’aller ailleurs», s’indigne-t-il. Et il n’est pas le seul à critiquer. Claude Simonet, le patron de la Fédération, estime que le moment du contrôle était mal choisi: «Je crois qu'il faut faire une différence entre un stage de convivialité et un stage de préparation. Là, les gens du ministère ont effectué leur travail devant les femmes et les enfants des joueurs. C'est choquant.» Et pourtant, les Bleus sont revenus… mais plus pour des «stages de convivialité».

 

2006: La crise de Coupet

Être considéré comme le meilleur, mais n’être que remplaçant est une situation difficile à vivre. Grégory Coupet en a fait l’amère expérience en 2006. Le gardien de l’OL triomphant, à qui Domenech a fait miroiter une place de titutaire, ne supporte pas le traitement de faveur dont bénéficie son rival, Fabien Barthez. En pleine ascension du glacier de la Grande Motte, Coupet craque, redescend et quitte Tignes en voiture avec femme et enfants. Trois quart d’heure plus tard, il revient, s’entretient avec Domenech et décide de rester. Finalement, après cet incident, Coupet a eu sa chance à l’Euro 2008… pour trois petits matchs.

 

2008: Tignes story

Domenech avait décidé de mettre ses pas dans ceux d’Aimé Jacquet en emmenant un groupe de 30 joueurs [Jacquet en avait pris 28] en stage. Au terme du stage, il était allé frappé aux portes des chambres d’hôtel de sept joueurs qui ne sont finalement pas retenu pour disputer l’Euro. Les sept éliminés sont alors embarqués à bord d’hélicoptères pour un épilogue théâtral. «C’est une éviction à la Big Brother», râle Djibril Cissé, qui fait alors parti des malheureux héliportés. «Humainement, 2008 est un événement qui m’a marqué. C’est quelque chose qu’on oublie pas, qui est traumatisant pour tout le monde», expliquait Mickaël Landreau. Cette année, au moins, le gardien lillois n’a même pas eu le temps de faire ses bagages.