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David Bellion: «J'ai déjà demandé à aller jouer en CFA»

David Bellion: «J'ai déjà demandé à aller jouer en CFA»

FOOTL'attaquant bordelais n'est pas vraiment content de cirer le banc...
Propos recueillis par Lauren Horky (à Bordeaux)

Propos recueillis par Lauren Horky (à Bordeaux)

David Bellion ronge son frein. En 2010 en championnat, il n’a joué que quatre minutes contre Auxerre, puis un match comme titulaire à Monaco. Mais l’attaquant girondin, second couteau, devrait être titularisé demain contre Nancy.


Les Girondins restent sur deux échecs 3-1, il faut absolument relever la tête?

Bien sûr… Le championnat est une autre compétition, celle qui nous fait vivre, et on se doit bien entendu de réagir. On est une très bonne équipe de Ligue1. Si on veut conserver notre statut, on doit se faire respecter, encore plus quand on joue à domicile. On doit faire le plein.


On vous a vu prolonger l’entraînement de jeudi avec du travail devant les buts. Est-ce parce que vous vous attendez à être titulaire?

Etant donné ma saison, je suis surtout obligé de trouver des sensations quelque part. C'est une année difficile. Alors si je sais qu'il y a une séance, je suis toujours là. Du moment qu'il y a des cages, que je les loupe ou pas, je tire! (Rires) J'ai déjà demandé à aller jouer en CFA il y a un mois et demi car je préfère encore ça, plutôt qu’attendre et ne pas taper dans un ballon. Dans tous les domaines de la vie, si on ne fait rien, on rouille. C'est partout pareil.


Comment gérez-vous la frustration liée à ce manque de temps de jeu?

Assez mal… Quand on rentre à la maison, il y a une sensation d'inachevé. Comme quoi, le bonheur! Il y a des gens qui peuvent dire ‘’ils sont footballeurs, ils sont bien payés, ils ont de belles voitures, une belle maison’’ mais quand on rentre chez soi... Ca ne fait pas tout d’être bien payé, de bien vivre. Même si tout ça est très frustrant, j’essaye de relativiser car il y a des gens qui sont dans des situations bien plus difficiles que la mienne. Mais j’ai envie de faire quelque chose, de travailler. Alors bien sûr j'ai l'impression de participer. J’apporte un peu, je pose ma petite pierre à l'édifice. Mais c'est difficile mentalement.

De ce fait, n’y a-t-il pas le risque d’être trop mort de faim ou de se mettre une pression excessive quand on vous donne votre chance?

A chaque fois, c'est pratiquement comme si c'était une mini présaison. Quand on repart, on fait un match, on est cuit. Il faut surtout trouver un second souffle. Dans le foot moderne, si on n'a pas le physique, c'est impossible. Des fois on se précipite, on est trop concentré. Ce n'est pas qu'on joue à l'envers mais quand on joue une fois tous les trois mois, on veut trop bien faire, on veut tout faire et des fois on n'a pas l'énergie, les sensations. C'est tellement fragile, ce n'est pas que le mental, la confiance. Je ne cherche pas d'excuses. J'ai entendu des grands joueurs comme Samir Nasri ou Thierry Henry qui disent quand ils ne jouent pas il y a un rythme et un niveau à reprendre. Alors, s'ils le disent à leur niveau, moi, à mon petit niveau...


N’avez-vous jamais eu envie de taper du poing face à cette situation ou de baisser les bras?

A part le dernier mois, on a gagné les matchs donc c'est difficile dans une équipe qui tourne généralement bien de la ramener. Si vraiment on était 13e ou 14e et qu'on faisait toujours les mêmes choix, bien sûr que je la ramènerais. Là, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise par rapport aux attaquants, la façon dont on joue? Mon dernier match contre Monaco (0-0), je ne peux pas dire que j'ai été nul ou bien, j'étais inexistant! J'ai essayé de courir un peu partout. Contre Lorient (4-1), j'ai été décisif [avec un doublé], sans avoir fait un bon match. L'accepter ? On ne peut pas d'une certaine manière…


Cela ne vous a pas empêché de prolonger avec les Girondins de Bordeaux…

En effet, il y a un paradoxe car j'ai resigné en septembre le plus gros contrat à long terme de ma carrière, presque cinq ans [il a prolongé de trois ans, jusqu’en 2014]. J'espère qu'il y a quelque chose derrière. En même temps, il y a une sacrée concurrence et il faut se battre pour sa place. Mais si j'ai signé, ce n'est pas pour partir car je n’en ai pas encore l’envie. Je veux moi aussi m'imposer.