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L'art du timing d’Andrew Mehrtens
RUGBY•L'ouvreur du Racing Metro a tenu son rang face à Brive pour assurer une précieuse victoire à domicile (25-18)...Matthieu Payen
Quatre-vingt minutes, c’est long. Surtout pour les jambes de 37 ans d’Andrew Mehrtens. «Je suis content d’avoir survécu», confie l’ouvreur du Racing Metro 92, tout sourire, comme souvent. Gentleman Mehrtens, longtemps absent des terrains en raison de l’éclosion à l’ouverture de Jonathan Wisniewski, a été mis à rude épreuve contre Brive. Le rythme enlevé de la rencontre – marqué par quatre essais – a poussé l’ancien All-Black à faire usage de toute son expérience pour ne pas passer à côté.
«L’un des pires coups de pied de ma carrière»
Mis sous pression d’entrée, Mehrtens manque un placage, n’appuie pas assez une passe et laisse échapper un ballon qui met son équipe sous pression. Mais pas de quoi faire douter le vieux grognard. «Je ne pense pas à ses erreurs-là. J’arrive à les laisser derrière, c’est grâce à ça que je garde ma confiance.» Heureusement pour lui car ce match capital pour le Racing – les deux équipes sont à la lutte pour les play-offs – n’a pas franchement permis à Mehrtens de montrer ses beaux restes. Outre quelques imprécisions dans le jeu, il a aussi manqué les deux transformations des essais de ses coéquipiers. Le second échec est d’ailleurs un modèle de frappe écrasée – «l’un des pires coups de pied de ma carrière», confie celui qui fut meilleur réalisateur des All-Blacks.
Pourtant, la science du placement du Néo-Zélandais lui a permis de ne pas pénaliser son équipe. S’il n’est pas le plus rapide pour percer la défense adverse, Mehrtens sait profiter des temps morts pour se rendre dans les zones où il peut se rendre utile. «On ne doute jamais de lui parce que tout le monde sait ce qu’il vaut», assure son coéquipier Julien Saubade, à qui l’ouvreur a offert un caviar, malheureusement pas concrétisé. Au bout des quatre-vingt minutes, alors que Brive a la balle de l’égalisation, c’est bien Mehrtens qui réalise l’interception de la victoire (25-18). «Ce n’est pas vraiment une interception, on m’a plutôt passé le ballon, je n’ai pas eu le choix», sourit-il. Encore fallait-il se trouver au bon endroit, au bon moment.



















