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Comment Riner combat l'ennui à l'entraînement

Comment Riner combat l'ennui à l'entraînement

JUDOLe triple champion du monde des lourds est contraint d'innover pour s'entraîner...
Romain Scotto

Romain Scotto

Difficile de trouver un partenaire d’entraînement crédible quand on ne compte (presque) pas de rivaux sur la planète. Invaincu en compétition depuis un an et demi, Teddy Riner n’est pas du genre à s’inquiéter du problème. Mais ses entraîneurs planchent dessus depuis un petit moment. Offrir du répondant à un gaillard de 2,02m et 125 kilos n’est pas à la portée de tout le monde. En France, ils ne sont que cinq à faire partie du groupe d'entraînement du triple champion du monde, en lice dimanche au tournoi de Paris. Autant dire qu’au quotidien, Riner n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent.

«Dire qu’il n’y a pas d’opposition, non, ce n’est pas vrai, s’insurge Benoît Campargue, son coach à l’Insep. Il y a des adversaires de qualité qui, un jour, peuvent aussi être titulaires. Ce sont des gens qui sont dans la course même si Teddy a de l’avance. Après, effectivement, les lourds ne courent pas les rues et je ne vois pas comment on pourrait en trouver à part en les récupérant dans le rugby ou d’autres sport de costauds.»
Benoît Campargue, son coach à l’Insep.
«Dire qu’il n’y a pas d’opposition, non, ce n’est pas vrai, s’insurge Benoît Campargue, son coach à l’Insep. Il y a des adversaires de qualité qui, un jour, peuvent aussi être titulaires. Ce sont des gens qui sont dans la course même si Teddy a de l’avance. Après, effectivement, les lourds ne courent pas les rues et je ne vois pas comment on pourrait en trouver à part en les récupérant dans le rugby ou d’autres sport de costauds.»
S’adapter au judo des légers
Cette pénurie pourrait pourtant lasser Riner. Récemment, il s’est imaginé à l’écart des tatamis, sur un ring de free fight. Avant que son entourage ne le recadre et lui redonne goût au combat. «S’ils voient que je relâche un peu la pression, ils me mettent deux, trois adversaires pendant un randori (combat) pour le rendre plus intense, glisse le colosse de 20 ans. J’alterne avec plusieurs adversaires. C’est plus fatigant.» S’il n’est pas rassasié, ses coachs disposent d'une dernière cartouche. Imparable, selon Campargue. «Depuis qu’il est cadet, je le fais courir. On sait que les lourds, les gros, se laissent un peu aller sur le plan alimentaire. Ce n’est pas le cas de Teddy. Mais on le surveille.»
il s’est imaginé à l’écart des tatamis, sur un ring de free fight.
Cette pénurie pourrait pourtant lasser Riner. Récemment, il s’est imaginé à l’écart des tatamis, sur un ring de free fight. Avant que son entourage ne le recadre et lui redonne goût au combat. «S’ils voient que je relâche un peu la pression, ils me mettent deux, trois adversaires pendant un randori (combat) pour le rendre plus intense, glisse le colosse de 20 ans. J’alterne avec plusieurs adversaires. C’est plus fatigant.» S’il n’est pas rassasié, ses coachs disposent d'une dernière cartouche. Imparable, selon Campargue. «Depuis qu’il est cadet, je le fais courir. On sait que les lourds, les gros, se laissent un peu aller sur le plan alimentaire. Ce n’est pas le cas de Teddy. Mais on le surveille.»
Pour rendre ses séances plus ludiques, il arrive aussi à Riner de se fixer quelques défis personnels. «Je cherche par exemple à ne faire qu’une seule technique sur un combattant. Et puis j’essaye surtout de marquer ippon. Mettre des belles boîtes.» Au quotidien, il travaille aussi avec des gabarits plus légers. Pas question de les détruire, mais plutôt de s’adapter à leur rapidité, leur vivacité et leur qualité de déplacement. Un domaine dans lequel Riner n’a pas d’égal dans sa catégorie. «Là, on peut travailler la dynamique dans le randori, enchaîne Benoît Campargue. Pour le Masters (mi-janvier en Corée), c’est moi qui l’ai échauffé. Et je peux vous dire que je l’ai mis dans le rouge sur le plan cardiovasculaire.» Précision utile, Benoît Campargue ne pèse que 70 kg.