Le spécialiste français du combiné nordique, Jason Lamy-Chapuis, à Liberec, en République tchèque, le 20 février 2009.
Le spécialiste français du combiné nordique, Jason Lamy-Chapuis, à Liberec, en République tchèque, le 20 février 2009. — SIPA

VANCOUVER 2010

Jason Lamy-Chappuis, la bonne combine

Le leader de la Coupe du monde de combiné nordique est l'un des plus solides atouts des Bleus...

Dans un petit mois, le combiné nordique ne sera peut-être plus un concept aussi obscur que la philosophie hégélienne ou la mécanique quantique. Jason Lamy-Chappuis, maître d’une discipline hybride alliant saut à skis et fond, devrait se charger de la notice. Car en fouillant dans le contingent bleu, le Français d’origine américaine est bien l’un des mieux placés pour décrocher un titre au Canada.

 

>> Pour lire l'interview de Fabien Canu, directeur de la préparation olympique

 
 
«Depuis la blessure de Jean-Baptiste Grange, il se passe quelque chose autour de «Jez», remarque Nicolas Michaud, le responsable des sports nordiques. Pour la fédé, il ne reste presque plus que lui à mettre en avant.» Ce leadership ne lui est pas tombé dessus comme un vulgaire flocon. Depuis le début de l’hiver, Lamy-Chappuis n’a pas quitté son dossard jaune de leader de la Coupe du monde, enfilé dès la première de ses quatre victoires (après onze épreuves).
 
 
Deux visages
 
 
Est-il prêt trop tôt? Selon son staff, la question ne s’est jamais posée. «On savait qu’il allait être dans le coup. Mais on ne s’attendait pas à ça. Ce qui est intéressant, c’est qu’il a encore une marge de progression sur la partie ski de fond. Là, il peut encore choper de la confiance.»
 
 
Jusqu’à présent, ce passionné d’aviation était étiqueté sauteur, limitant la casse en fond. Ses progrès l’ont fait changer de statut. Lamy-Chappuis ne se cache plus. «Ça fait cinq ans que je suis sur le circuit, je suis encore jeune, j’ai de grosses ambitions pour ces JO, et je n’ai pas peur de l’afficher.» «Il a deux visages. Sur les skis, c’est un vrai conquérant, un tueur qui ne lâche rien, embraye Michaud. Mais à côté, il est sympa avec tout le monde.» Le garçon de 23 ans n'est pas du genre à parader. Surtout pas devant ses partenaires d’entraînement, jamais dans le coup en Coupe du monde.
 
 
«Au Canada, je suis un peu comme chez moi»
 
 
Aux Jeux, Lamy-Chappuis rêve pourtant d’un doublé en décrochant une médaille par équipe. En début de saison, les Américains souhaitaient profiter de sa double nationalité pour l’enrôler. Il a poliment rejeté les avances. «Cela aurait été une trahison envers mes coéquipiers, mes entraîneurs. Franchement, je ne me voyais pas aller aux Etats-Unis comme ça. La médaille, je la ferai, avec les Français», sur un continent nord-américain qui est donc aussi le sien.
 
 
Le grand ouest canadien lui rappelle parfois le Montana, où il a vécu jusqu’à l’âge de cinq ans. «Là-bas, je me retrouve un peu comme chez moi, comme chez mes grands parents. Je me sens bien sur mes terres». Côté ski, ses coachs confirment qu’il devrait également être à l’aise sur un tremplin de voleur et la piste peu exigeante taillée pour lui. «Honnêtement, tout est réuni pour que ça se passe bien. S’il réalise un bon saut, il a toutes ses chances pour aller chercher l’or.» La toison qui irait le mieux à Jason