A 20 ans, les DVE ont atteint l'âge de raison

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C'est un anniversaire qui va faire du bruit. Samedi, lors de la réception de Rennes pour la 9e journée de L1, les Dogues virage Est (DVE), le plus ancien groupe de supporteurs lillois, fêteront leurs 20 ans. Réputés violents, les DVE ont fait du chemin depuis les années 1990. « On est passés longtemps pour un groupe de fachos. Mais à la fin des années 1990, on a dû faire la police, on en est même venus aux mains pour faire le ménage », raconte Federico Maenza, le président de la section depuis 2002. Aujourd'hui, en dépit de quelques écarts, les relations avec le club se sont apaisées. « Il y a un dialogue depuis quelques années, c'est du gagnant-gagnant. Et quand il y a un comportement violent, on applique la loi » explique Didier Declimmer, directeur général des Dogues en charge de la sécurité.

Fondés en octobre 1989 par deux paires de frères, les DVE ont changé. « Au début, on était dans un modèle à l'anglaise. On s'en donnait à coeur joie pour s'en mettre plein la tronche. Mais la mentalité a évolué, il y a eu un renouvellement. Les premiers membres approchent maintenant de la quarantaine. Et on fait tout pour que le club n'ait pas d'amendes » explique Federico Maenza. Aujourd'hui, le groupe compte 400 membres, plus 200 à 300 sympathisants. « C'est une institution. Mais leur seul privilège, c'est d'avoir un accès direct à la direction », explique Didier Declimmer. Cela n'empêche pas les DVE de pâtir encore parfois de leur réputation. « Dès qu'il y a une bêtise, on dit que c'est eux. C'est un peu facile, d'autant qu'ils sont les premiers à raisonner leurs troupes », conclut Didier Declimmer. W

A. M.