Ils refusent de jouer contre des homos

FOOT Un club musulman de Créteil snobe le Paris Foot Gay...

A.P.

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Un Britannique de 49 ans, ex-maire d'une petite ville du Pays de Galles surpris en train d'arbitrer un match de football alors qu'il percevait des allocations pour handicap moteur, a été condamné lundi à quatre mois de prison avec sursis et 200 heures de travaux d'intérêt général.
Un Britannique de 49 ans, ex-maire d'une petite ville du Pays de Galles surpris en train d'arbitrer un match de football alors qu'il percevait des allocations pour handicap moteur, a été condamné lundi à quatre mois de prison avec sursis et 200 heures de travaux d'intérêt général. — Jacques Demarthon AFP/Archives

C’est par un mail poli que les joueurs du Paris Foot Gay ont appris le 3 octobre dernier que leurs adversaires du lendemain refusaient de les affronter dans le cadre d’un match de championnat de foot loisir (CFL). «Désolé mais par rapport au nom de votre équipe et conformément aux principes de notre équipe, qui est une équipe de musulmans pratiquants, nous ne pouvons jouer contre vous...», s'excuse alors le Créteil Bébel. 

«Je n’adhère pas à leurs idées»


«Le mail est tout gentil ce qui rend le fond encore plus choquant. Ils sont homophobes et trouvent ça tout à fait normal», hallucine encore  le président du Paris Foot Gay, Pascal Brethes. «Moi, en tant que musulman, j’ai quand même le droit de ne pas vouloir jouer contre des homosexuels parce que je n’adhère pas à leurs idées, je ne suis pas d’accord… Maintenant, si y’a quelqu’un qui s’est senti vexé, ou blessé, je tiens à m’excuser » défend lui sur France Info, Zahir Belgharbi, responsable du club cristolien, qui craint que cette affaire «ne stigmatise une nouvelle fois la population musulmane». Belgharbi reproche au Paris Foot Gay de se présenter comme un club communautariste: «Nous, on a fait des efforts pour rester neutres - on ne s'appelle pas le football club islamique par exemple». L’affaire n’a pas manqué d’énerver le secrétaire d’Etat aux Sports. «Mais où va-t-on là?», s’insurge Rama Yade. «Si ça continue, on va refuser de jouer contre des noirs, des juifs. Le communautarisme n'a pas sa place dans le sport.»

De son côté le PFG (ouvert aux hétérosexuels) envisage de porter plainte pour homophobie. «C’est encore un exemple ordinaire de l’homophobie ordinaire dans le football. Dernièrement, on a encore entendu Louis Nicollin  dire qu’il était d’accord pour diffuser des clips contre le racisme à Montpellier. Mais pour les pédés c’était hors de question», pointe Pascal Brethes.

Aucun soutien

Certes, la Mairie de Paris a apporté son soutien au PFG ,mais le dirigeant se désole du peu de solidarité du milieu du foot depuis la création du club en 2003. «A part Vikash Dhorasoo, aucun joueur professionnel n’a osé s’afficher avec nous. L’homosexualité est le tabou ultime dans le football».

Difficile de lui donner tort. A  ce jour, seul l’Anglais Justin Fashanu a révélé son homosexualité pendant sa carrière. Rejeté par ses partenaires, le public et poursuivi pour agression sexuelle sur mineur, il s’est suicidé en 1998.

Vers une exclusion?

Nouvelle équipe dans le championnat de foot loisir, le Créteil Bébel encoure l’exclusion. Une décision doit être prise le 13 octobre prochain. «On va écouter les dirigeants de Créteil Bébel, mais je pense que ce qu'ils ont fait est très grave et qu'ils en sont d'ailleurs conscients», explique au Figaro.fr, Jacques Stouvenel, président du CFL.