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Le savoir-faire du comité régional exporté au Burundi

Le savoir-faire du comité régional exporté au Burundi

Dans le nid d'oiseaux, ils avaient l'air perdus. Quatre athlètes

Dans le nid d'oiseaux, ils avaient l'air perdus. Quatre athlètes

parmi des centaines d'autres... C'était en septembre 2008 : une microdélégation burundaise participait à ses premiers Jeux paralympiques, à Pékin. Son meilleur représentant accrochait la 5e place au 5 000 m... applaudi par une dizaine de Ligériens. Les Burundais avaient l'air perdus, mais ils n'étaient pas seuls.

« Depuis septembre 2007, on les aide à former un mouvement paralympique », explique Annie Pery, présidente du comité régional handisport des Pays de la Loire. Elle mise sur la formation : cinq éducateurs ont été initiés à Nantes, vingt autres à Bujumbura. « Aujourd'hui, nous formons des encadrants dans les campagnes », se félicite Circoncilie Nahimana, DTN adjointe au Burundi. Et grâce à un partenariat avec l'UFR Staps nantais, les étudiants en sport locaux seront mieux informés dès septembre 2009.

Dans un pays ravagé par la guerre civile, où plus de 10 % de la population est estropiée, l'enjeu est double : réconcilier les jeunes par le sport et mieux insérer les handicapés. « Ici, si on demande à une femme combien elle a d'enfants, elle ne compte que les valides », résume Joseph Nsabiyumva, du bureau des Pays de la Loire au Burundi. Sur place, le travail effectué se mesure déjà. Sur une piste, quelques athlètes courent pieds nus. Derrière, une dizaine d'invalides se renvoient une balle de seat-ball, le volley adapté. « Avant, il était inimaginable de s'entraîner en plein air », se souvient Circoncilie. Avant, il fallait se cacher...

Avec une centaine d'handisportifs, la fédération burundaise reste naissante. Mais elle progresse : en mars 2009, c'est avec sept médailles au cou qu'elle est rentrée des championnats d'Afrique de l'Est. Le nouvel objectif ? Londres 2012. « En seat-ball ou en athlétisme, ils peuvent être très forts, résume Annie Pery. Pour le reste, le matériel fait défaut. Les Ligériens en envoient certes : maillots, ordinateurs, fauteuils... mais déclassés, avec cinq ou six ans de retard. Dans tous les cas, pour rehausser le niveau, il faut s'entraîner avec les valides », continue la présidente. Comme Ronan Pailler ou Arnaud Assoumani (athlétisme), les modèles ligériens. W

Antoine Gazeau, au Burundi