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Pour Arnaud Démare, un Giro et ça repart ?

Tour d’Italie : Pour le sprinteur français Arnaud Démare, un Giro et ça repart ?

CYCLISMEBrillant lors de sa dernière participation au Tour d'Italie en 2020, Arnaud Démare revient sur la Corsa Rosa avec la ferme intention de lever les bras après un début de saison décevant
Quentin Ballue

Quentin Ballue

L'essentiel

  • Cette saison le tableau de chasse du triple champion de France est maigre
  • Il sera pourtant l'un des deux leaders de Groupama-FDJ pour le Giro 2022 qui s'élance vendredi de Budapest.
  • Une course que Démare aurait préféré ne pas disputer, au profit du Tour de France

David Gaudu au Portugal, Thibaut Pinot dans le Tyrol. Ce ne sont pas des destinations de vacances, mais bien les deux seules victoires de l’équipe Groupama-FDJ cette saison. Pas d’ Arnaud Démare, pourtant principal pourvoyeur de bouquets ces dernières années (23 depuis 2020). Le Picard s’en est approché sur Tirreno-Adriatico avec une deuxième place à Terni derrière Caleb Ewan.

Mais le tableau de chasse du triple champion de France est maigre, à peine relevé par des places d’honneur sur Milan-San Remo (10e), Bruges-La Panne (6e) ou Gand-Wevelgem (10e). Pas idéal avant de se coltiner Mark Cavendish, Caleb Ewan, Mathieu van der Poel et Giacomo Nizzolo sur le Giro, qui s’élance vendredi de Budapest. Une course que Démare aurait préféré ne pas disputer, au profit du Tour de France, mais dont il compte bien profiter pour (re) lancer son année.

Passer son Tour

Arnaud Démare ne verra pas Copenhague cet été, ou alors devant sa télé. Le natif de Beauvais ne l’a pas caché, la nouvelle a été dure à avaler. L’an passé, il avait quitté la course amer et hors-délai dès la 9e étape. La revanche devra attendre. « Je suis très heureux qu’il soit déçu de ne pas être au Tour de France », commentait Marc Madiot en janvier, dégainant alors l’argument du parcours : « Sur le Tour, les occasions d’exister pour les sprinteurs sont assez limitées. Sur le Giro, il y a beaucoup d’opportunités d’avoir des sprints. Pour nous et pour Arnaud, l’objectif est de gagner beaucoup, et des grands trucs. Il y a une répartition assez logique des rôles des uns et des autres tout au long de la saison. Même si le Tour est un objectif majeur, la vie ne s’arrête pas non plus au Tour. »

Pas de vague à l’âme à signaler du côté du directeur sportif Sébastien Joly : « Ça a été assez vite digéré je trouve. Il sait aussi qu’il a l’opportunité d’avoir une équipe autour de lui. Honnêtement, je pense qu’il préfère avoir une équipe quasiment à 100 % autour de lui sur un Giro plutôt qu’une équipe à 50-50 sur le Tour comme l’année dernière. » Réponse du principal intéressé mercredi après-midi : « C’est quelque chose que je respecte, même si, comme je l’ai dit, je suis déçu. Maintenant, je suis au Giro et je pense au Giro. Peu importe où je suis aligné, je donne 100 %. » Cinq à sept opportunités ont été identifiées, à commencer par la troisième étape, qui arrivera à Balatonfüred dimanche. Autant d’occasions à saisir pour renouer avec la gagne.

La positive attitude

Groupama-FDJ prendra le départ de la Corsa Rosa avec « deux leaders » dixit Sébastien Joly. Le DS compte sur le Hongrois Attila Valter pour briller sur les parcours escarpés en prenant des échappées. Mais impossible de se cacher en voyant les autres coureurs alignés, tous habitués à participer au lancement de la fusée Démare. Jacopo Guarnieri, Ramon Sinkeldam, Miles Scotson, Ignas Konovalovas et Clément Davy se mettront tous à la planche pour leur sprinteur, comme Tobias Ludvigsson, « qui aura un rôle double, épauler Attila et donner un coup de main au train ».

Les places n’ont pour le moment pas été au rendez-vous, mais les feux sont semble-t-il au vert. « Je n’ai pas eu les résultats à la hauteur de ce que j’avais dans les jambes, j’ai loupé des opportunités », concède Nono, pas aidé par les pépins de santé de ses coéquipiers, mais satisfait de ses sensations avant le Grand Départ. « Physiquement, il est presque plus fort que les années précédentes. Il est très serein de par sa condition, embraye Joly. Sur Milan-San Remo, il réussit à suivre les meilleurs dans la Cipressa alors que ça monte très vite. En avril, on a travaillé un peu plus spécifiquement dans certaines zones d’intensité, et il y a eu des choses extrêmement bien faites. On n’a pas laissé le groupe s’endormir sur un début de saison moyen, on a préféré le restimuler, et j’espère que ça va porter ses fruits. Je le pense. »

De là à revivre les émotions intenses de 2020 ? Démare avait alors survolé la concurrence en raflant quatre étapes et le maillot cyclamen du classement par points. « Je sais ce qui peut se passer sur un Grand Tour, tempère-t-il. L’année dernière, j’arrivais sur le Tour pour tout casser et finalement, j’étais à la maison au bout d’une semaine. J’espère déjà en gagner une. » Et son DS d’ajouter : « Outre la victoire, j’attends d’eux qu’ils redonnent une impulsion à ce train et qu’ils nous prouvent qu’ils ont de l’orgueil, surtout. On est plus de 30 personnes à partir un mois pour entourer les coureurs, on ne fait pas ce genre de concessions juste pour être au départ. » Autrement dit, on lâche les chevaux, et on compte sur Démare pour redevenir un Fatal Picard.